D’où viennent les noms des rues du Village ?

D’ouest en est, de la rue Amherst à l’avenue Papineau

Montréal a connu différentes périodes depuis le passage de Jacques Cartier au village d’Hochelaga, en 1535. La ville, en 1760, alors commandée par le marquis de Vaudreuil, fut notamment la dernière à capituler face aux Anglais. Les rues du Village gai de Montréal nous rappellent notre histoire. Revoyons ces toponymes, en partant d’Amherst pour nous rendre à Papineau.

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La rue Amherst

Après des succès en Europe dans la guerre de Sept-ans, Jeffrey Amherst (1717-1797) s’est vu, vers 1757, confier le grade temporaire de « major général en Amérique » avec la mission particulière de prendre la forteresse de Louisbourg, un centre névralgique de la Nouvelle-France. Il avait, entre autres, sous ses ordres le futur général James Wolfe. Il réussit sa mission le 27 juillet 1758. Après la chute de Québec, en 1759, il viendra affronter à Montréal les troupes de Lévis et de Vaudreuil. Le 8 septembre 1760, Jeffrey Amherst a reçu la reddition de Montréal et, conséquemment, celle de la colonie. 

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La rue Wolfe

James Wolfe (1727-1759) était un général anglais. À Louisbourg, en 1758, on lui décerna le grade temporaire de général de brigade en Amérique du Nord, sous les ordres de Jeffrey Amherst. Son armée aura escaladé, durant la nuit du 11 septembre 1759, la falaise à Québec pour surprendre les forces françaises et canadiennes qui étaient placées sous le commandement de Montcalm. Vainqueur de la bataille des plaines d’Abraham le 13 septembre 1759, il y sera blessé mortellement. 

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La rue Montcalm

Louis-Joseph de Saint-Veran, marquis de Montcalm (1712-1759), était un général français. Ses premières campagnes contre les Britanniques ont été des succès majeurs. Il augmenta, entre autres, les défenses de Fort Carillon sur le lac Champlain. Il captura et détruisit Fort Oswego sur le lac Ontario en 1756. En juillet 1759, il défendit Québec contre le général Wolfe qu’il repoussa à la rivière Montmorency. Il perdit la bataille des Plaines d’Abraham le 13 septembre suivant, et, comme son vainqueur, il y perdit également la vie. 

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La rue Beaudry

La rue Beaudry est nommée ainsi en l’honneur de Pierre Beaudry (1774-1848), un commerçant (notamment de savon) et propriétaire foncier. Il ouvra lui-même le chemin qui deviendra la rue Beaudry, vers 1843. Il possédait dans le secteur une terre de 90 arpents sur laquelle il vivait avec sa famille. Il a également fait don du terrain sur lequel est bâtie l’église Saint-Pierre-Apôtre de Montréal.

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La rue de la Visitation

Aucun document ne permet de justifier la présente dénomination qui rappelle sans doute la fête du 2 juillet au calendrier liturgique. C’est à cette date que l’on commémore la visite qu’a faite la Vierge Marie, après l’Annonciation, à sa cousine Élizabeth, enceinte de Jean-Baptiste.

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La rue Panet

Difficile est l’attribution de cette dénomination, plusieurs membres de la famille Panet se sont illustrés dans l’histoire de Montréal. Cependant, au moment où ce nom sera donné, l’honorable Pierre-Louis Panet (1761-1812) habitait cette rue. Pierre-Louis Panet était cousin de Jean-Antoine Panet, élu le 17 décembre 1792 orateur (président de la chambre) de la première Chambre d’assemblée prévu par l’Acte constitutionnel accordé au Canada par la Couronne britannique en 1791. 

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La rue Plessis

Joseph-Octave Plessis (1763-1825) est né à Montréal, dont il a été l’onzième évêque (1807). Il est le premier à être élevé archevêque de Québec (1809). Son père, Joseph-Amable Plessy, exploitait une forge près de Montréal, sa prospérité fut assurée après la Conquête par l’accroissement de la demande d’objets en fer.

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La rue Alexandre-DeSève

Joseph-Alexandre DeSève (1896-1968), fondateur de Télé-Métropole (actuellement TVA) et président de cette station de télévision. Cette rue est adjacente au siège de son entreprise.

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La rue De Champlain

Samuel de Champlain (1567-1635), a été explorateur, fondateur de la ville de Québec en 1608, et premier gouverneur de la Nouvelle-France de 1608 à 1635. Il nomma définitivement la « Nouvelle-France » en l’inscrivant sur une carte de 1607. Le 18 avril 1608, alors en France, il repartit pour la Nouvelle-France à bord du Don de Dieu. Champlain accosta le 3 juin 1608 à Tadoussac et gagna en barque la « pointe de Québec », le 3 juillet. Ses hommes et lui y érigeront trois bâtiments principaux d’une hauteur de deux étages, entourés d’un fossé de 4,6 mètres de large et d’une palissade de pieux. Cette installation, dite Habitation de Québec, devient l’embryon de la colonie française à se développer sur les rives du Saint-Laurent.

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L’avenue Papineau

Joseph Papineau (1752-1841) conjuguait les fonctions d’arpenteur, de notaire, d’agent seigneurial et d’homme politique. Député à l’Assemblée, il participa en 1793 au Débat sur la langue qui obtint la transcription en français des résolutions s’appliquant au code français. Son nom fût donné à la rue et au square dès leur ouverture en 1810 comme voies privées. Ces noms furent changés en 1838 pour le chemin Victoria et place de la Reine afin de marquer le désaveu du rôle de son fils, Louis-Joseph (1786-1871), un des meneurs des rebellions de 1837-38. En 1844, les dénominations originales sont reprises, probablement suite aux volontés émises d’amnistier les protagonistes des rebellions des Patriotes. 

 

Sources :

Amherst : Ville de Montréal. Les rues de Montréal. Répertoire historique. Montréal : Méridien, 1995.

Patrimoine Toponymie Montréal : ville.montreal.qc.ca/toponymie

Dictionnaire biographique du Canada, biographi.ca

fr.wikipedia.org

Brève histoire du Québec, de Jean Hamelin et Jean Provencher. Montréal : Boréal Express, 1981.