Sylvain Simard (20 avril 1963 – 2 août 2010)

Le lundi 2 août 2010 vers 13h s’est éteint mon ami Sylvain Simard au East Toronto General Hospital (étage 3A chambre 307). Il est resté à la maison avec son amoureux Marcel et votre serviteur jusqu’au moment où il est tombé doucement dans le coma vers 1h du matin. Artiste, collectionneur, galeriste, activiste, Sylvain Simard s’est éteint le 2 août dernier à Toronto, victime de complications reliées au VIH. Une soirée à sa mémoire a eu lieu vendredi le 27 août à l’Artothèque de Montréal.

Artiste de la première heure des Peintures en direct aux Foufounes électriques au début des années 1980, Monsieur Simard est revenu à la peinture vers la fin des années 1990.

Avec la complicité de feu son conjoint Louis Rivest, Monsieur Simard s’est fait connaître en tant que mécène et collectionneur d’œuvres d’artistes de la relève dans les années 1990. Il encouragea des peintres tels Yvon Goulet, Zïlon, feu Marc Sylvain (1948‐1998). Il fut aussi membre de la première heure de l’Artothèque de Montréal, pour laquelle il a œuvré de nombreuses années en tant que responsable des communications et assistant de la conservatrice, Marie‐Laure Pelletier. De 2000 à 2001, il a été co‐fondateur et directeur artistique de la Galerie 3273, dans le quartier Hochelaga. Malgré un grand succès d’estime, la galerie a dû fermer ses portes, faute de financement. On se souviendra de cette dernière, surnommée la Galerie des trois Sylvain, comme celle des précurseurs, selon le mot de Louise Harel, alors députée du comté. Durant cette période, il aura été le dernier assistant du peintre de réputation internationale, feu Guido Molinari (1933‐2004).

En tant que peintre, Sylvain Simard est revenu à la peinture à la fin des années 1990, en créant en duo des œuvres avec son conjoint de l’époque, Sylvain Gaston Simard, sous le pseudonyme de Sims. S’éloignant du figuratif, sans jamais l’abandonner complètement, il est passé à l’abstraction lyrique (gestuelle) vers l’an 2000. Entre autres, il a créé une série inspirée du drame du 11 septembre 2001 qui l’avait fortement secoué. Sous l’influence de Guido Molinari, il se dirigera ensuite vers l’abstraction géométrique.

Il aura longtemps été activiste pour la défense des droits des personnes atteintes du VIH, ainsi que pour la prévention des infections transmises sexuellement. Entre autres, en tant que membre du conseil d’administration du Comité des personnes vivants avec le VIH(CPAVIH), avec la Fondation d’Aide directe SIDA‐Montréal et, dernièrement, avec FrancoQueer, le regroupement des LGBT francophones de l’Ontario. Pour ce dernier organisme, il a travaillé avec son nouveau conjoint, Marcel Grimard, à la première campagne de prévention des ITS (infections transmises sexuellement) auprès de la jeunesse francophone ontarienne, Capotes au Max. L’Artothèque a exposé sa dernière œuvre créée spécialement pour cet événement, le Kimonex. Il s’agit d’un kimono entièrement fait de condoms. Vous pouvez voir sa généalogie (partielle) sur mon site.

(Des versions de cet article ont paru dans L’Express de Toronto et dans le Magazine Être)

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