Pride : Histoire étonnante d’une rencontre invraisemblable

Il faut dire que j’étais vendue d’avance. Heureux mélange de luttes pour les droits des travailleurs et des homosexuels, d’une rencontre entre deux groupes diamétralement opposés, de frustration contre la droite rigide de Thatcher et d’inspiration, je n’ai pu que me réjouir pendant les deux heures que dure Pride.

Je pourrais facilement relater de long en large les nombreux évènements historiques mentionnés tout au long du film, démontrer l’impact qu’a eu chacun des personnages principaux ou encore toute les motivations ayant poussé ce groupe de la communauté LGBT à aider des miniers inconnus (dans ce cas,  les ennemis communs : le gouvernement, les tabloïdes et la police). Mais j’ai envie de charme. Car, en effet, j’ai été charmée.

Bien sûr, le long métrage, réalisé par Matthew Warchus, représente de manière étoffée la révolte des miniers de 1984-1985 et l’organisme LGSM (Lesbians and Gays Support the Minors, Lesbiennes et homosexuels supportent les mineurs) qui fut l’un des organismes ayant amassé le plus de fonds consacrés à la grève. Et ce en ayant comme toile de fond le style éclaté des années 1980. On y dépeint le portrait de plusieurs personnages clés. Notamment, Mark Ashton, qui deviendra porte-parole de LGSM; Siân James, qui non seulement aura une grande implication, mais qui à la suite des révoltes deviendra éminente femme politique; et j’en passe.

Ces personnages ne servent pas simplement l’histoire. L’interprétation qui en est faite par des acteurs américain et anglais de renom est étonnante et vient nous toucher au-delà du récit. Tout pourrait tendre à croire que ce film traite simplement d’un message politique et d’injustice. Évidemment ce sont les sujet principaux, mais l’emballage humoristique, les costumes et la musique d’une époque révolue et au combien regrettée, permet de séduire même les plus sceptiques. Le film prend fin avec de courts paragraphes présentant une brève description du parcours de chacun des protagonistes jusqu’à ce jour. C’est précisément à ce moment, que j’ai compris l’attachement qui m’avait gagné pour chacun d’entre eux.

Ce que j’ai trouvé tout aussi formidable est la manière dont de nombreux stéréotypes envers la communauté LGBT ont été abordés, et ce sans même s’en cacher. Qu’on le veuille ou non, encore aujourd’hui, plusieurs personnes alimentent des conceptions erronées. Il est, d’après moi, primordial de ne pas y faire la sourde oreille et de s’y confronter pour s’en détacher. C’est précisément ce qui a été réalisé dans Pride et voilà l’un des points forts du film.

Histoire étonnante d’une rencontre invraisemblable, on ne peut sortir du cinéma qu’en ayant des projets pleins la tête, un sourire aux lèvres et une envie folle de danser sur le rythme de Karma Chameleon.

Pride (Bande annonce)
Réalisé par : Matthew Warchus
Avec : Bill Nighy, Imelda Staunton, Paddy Considine
Distribué au Québec par Remstar

Pride 2