La Maison Fontaine

maison-fontaine-2Je marche et je la vois au loin. Symbole indéniable de mon baptême. Ce qui deviendra pour moi le saint chrême du monde médiatique. La Maison Fontaine.

Évidemment, ce point de presse fut le premier, je l’espère, de plusieurs auxquels j’assisterai. J’ai donc eu la chance de découvrir, entourée d’une vingtaine de journalistes La Maison Fontaine.

Situé au coin Ste-Catherine et Clark, je n’aurais pu tomber sur meilleure initiation. Cette œuvre m’a permis de réfléchir, d’apprendre et de comprendre. La Maison Fontaine ressemble en ce moment à un petit fort, tout brun avec quelques pousses de verdure qui deviendront de belles plantes matures.

Mais avant tout, ce travail est le fruit d’une superbe initiative du Goethe Institut en grande collaboration avec Raumlabor Berlin et le Quartier des spectacles. C’est un premier projet canadien pour Raumlabor, ce collectif Berlinois qui travaille depuis plusieurs années un peu partout autour du monde.

Raumlabor Berlin est un groupe formé d’architectes et d’artistes qui sont tous mus de la même volonté ; s’approprier des terrains abandonnés ou sans but défini pour leur trouver une vocation. C’est exactement en ayant ces caractéristiques en tête que l’architecte concepteur, Markus Bader, choisit l’esplanade Clark comme lieu d’intervention. La première visite de Bader à Montréal remonte à 2012, quand il participa à une table ronde organisée par l’UQAM portant sur « Les visions nouvelles de l’espace public ». C’est dans l’esprit de la grève étudiante qu’il décida de proposer un projet au Goethe-Institut Montréal, organisme fort de plusieurs collaborations Canada-Allemagne.

Nous le savons tous, un peu partout dans la ville se trouve des emplacements qui depuis des années demeurent de grands points d’interrogation. Des initiatives éphémères de ce genre permettent de voir le potentiel qu’ils renferment.  C’est exactement ce qui a incité le Quartier des spectacles à participer au projet. Y voyant l’occasion de trouver une vocation a l’esplanade Clark tout en permettant à des artistes d’ici d’y apporter leurs idées. La multidisciplinarité de La Maison Fontaine est assurément ce qui la rend si intéressante d’un point de vue artistique, mais aussi social. Il y aura en effet une programmation composée d’installations sonores et lumineuses, des performances audiovisuelles, elle abritera aussi des rencontres pour la Biennale de Montréal, sans oublier des conférences portant sur l’eau. Cette variété d’évènements permettra de voir un mélange de styles et de créer des œuvres dynamiques.

C’est en découvrant des lieux en transition comme celui-ci que les projets de Raumlabor naissent. Markus Bader, architecte de l’œuvre, dit être fasciné par les différents niveaux de la ville de Montréal. Voir un  gratte-ciel adjacent à un terrain vague est pour lui très impressionnant, puisque ce n’est pas le paysage auquel sont habitués les Européens.  Il comptait depuis un certain temps réaliser une structure de ce genre à Montréal, en ayant comme but premier la réappropriation, la redécouverte et la remise en question de l’espace public. Bader explique qu’il espère créer avec cette nouvelle installation un lieu de rencontre, mais aussi d’ouverture, permettant d’approcher de nouvelles personnes et comprendre d’autres réalités.

La Maison Fontaine est un réel havre au milieu de la frénésie urbaine. Serein était le seul mot qui me venait à l’esprit lors de la visite de l’installation qui permet de revaloriser un terrain vague et célébrer l’eau, ressource souvent prise pour acquis au Québec. Je me suis laissée imprégner par la sérénité de cette création. Il est des plus déstabilisants de se retrouver dans ce paisible petit fort de bois, à quelques mètres à peine d’une des rues les plus achalandées de la ville. Tout de la structure semble ramener au calme et donne l’impression de simplement profiter du moment. Elle crée son propre univers, un monde à part entière.

Markus Bader a été jusqu’à  rendre l’installation vivante, en travaillant de pair avec Toiture Nature sur un projet de mur végétal. En effet, toutes les façades extérieures de La Maison Fontaine sont qualifiées de peau vivante, ce qui nous permettra de voir la structure évoluer et devenir de plus en plus verte et fournie.  Métaphore du changement constant et de la mutabilité de la société d’aujourd’hui. Mais par-dessus tout, quoi de mieux, pour célébrer l’eau, source de vie, que d’animer les murs même de cette œuvre

Alors, que se soit en se promenant au centre de cette création éphémère en regardant l’eau s’écouler et le nuage de brume créé par la fontaine d’eau potable, en allant tout en haut pour apprécier le paysage urbain ou encore en assistant aux nombreuses activités qui seront offertes dans les prochains mois,  La Maison Fontaine est un lieu magique qui marquera l’esplanade Clark.

La Maison Fontaine se situe sur l’Esplanade Clark au coin de Clark et Ste-Catherine et y sera du 27 août au 26 octobre. L’information pour la programmation, les conférences et les visites se retrouve sur le site internet du Goethe Institut