Mon corps, mes droits

amnistie-1Amnistie internationale lançait le 6 mars la campagne mondiale Mon corps, mon droit visant à permettre à chacun de vivre librement sa sexualité.  Selon l’organisme, la santé et la vie de millions de personnes dans le monde sont menacées parce que les autorités de leur pays ne leur garantissent pas leurs droits sexuels et reproductifs. La répression serait même en croissance dans de nombreux pays.

À titre d’illustration, en janvier 2014, le président du Nigeria a signé une loi d’interdiction du mariage entre personnes de même sexe qui comporte des dispositions extrêmement répressives. En décembre 2013, la Cour suprême de l’Inde a infirmé un arrêt par lequel la Haute Cour de New Delhi déclarait inconstitutionnel un article du Code pénal datant de 1861 et criminalisant les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Toujours en décembre 2013, le gouvernement espagnol a approuvé un projet de loi qui, s’il est adopté par le Parlement, limitera considérablement l’accès des femmes et des jeunes filles aux services d’interruption de grossesse, contrairement aux obligations qui incombent à l’Espagne au regard du droit international relatif aux droits humains. Ces deux dernières années, d’autres pays ont également tenté de restreindre la possibilité d’avorter, notamment la Lituanie, la Macédoine, la Turquie et les États-Unis.

À l’échelle internationale, de nombreux acteurs non étatiques, recevant pour la plupart un soutien et des fonds substantiels de l’État ou d’institutions religieuses, manœuvrent aux Nations unies et dans des instances comparables pour restreindre les droits sexuels et reproductifs. L’initiative « Un de nous », menée dans toute l’Europe par les organisations anti-choix avec le soutien de certains politiciens, entend recueillir les signatures d’un million de citoyens de l’Union européenne (UE) s’opposant à ce que des fonds européens soient utilisés pour détruire des embryons humains. Cette démarche vise le volet santé maternelle de l’aide au développement octroyée par l’UE. Si elle aboutit, des femmes du monde entier vivant dans la pauvreté n’auront plus droit aux services d’interruption de grossesse qui leur sont nécessaires et peuvent leur sauver la vie.

Les droits sexuels et reproductifs sont des droits humains qui consistent :

  • à prendre des décisions personnelles concernant sa santé, son corps, sa vie sexuelle et son identité sexuelle, sans crainte de contraintes ou de poursuites judiciaires;
  • à solliciter et obtenir des informations sur la sexualité et la procréation et avoir accès aux services de santé dans ce domaine et à la contraception;
  • à décider d’avoir ou non des enfants, du moment de les avoir et de leur nombre;
  • à choisir son ou sa partenaire intime, choisir de se marier ou non et à quel moment;
  • à décider du type de famille que l’on veut fonder;
  • à ne subir ni discrimination, ni contrainte et ni violence, en étant notamment à l’abri du viol et des autres violences sexuelles, des mutilations génitales féminines, des grossesses forcées, des avortements forcés, de la stérilisation forcée et du mariage forcé.

Amnistie internationale a trois grandes revendications. Les États doivent «cesser de recourir au droit pénal de manière discriminatoire pour réglementer la sexualité et la procréation et empêcher des tiers de prendre des décisions à la place des intéressés; supprimer les obstacles qui empêchent l’accès aux services, à l’éducation et aux informations en matière de santé sexuelle et reproductive, en luttant contre la discrimination en droit et en pratique; et donner à toute personne le pouvoir de revendiquer et d’exercer ses droits pour qu’elle puisse effectuer des choix libres et éclairés sur sa sexualité et sa vie procréative et exercer ses droits sexuels et reproductifs sans discrimination, sans violence ni contrainte.»

[Site d’Amnesty international France.]