Xavier Dolan : Rêver grand

Cannes«Toute mon enfance j’ai entendu : “Redescends sur terre! Pour qui tu te prends?” Je venais d’un endroit plutôt grand où les gens rêvaient petit.»

Ainsi s’exprimait Xavier Dolan en conférence de presse avoir reçu le Prix du jury à Cannes hier, second Québécois à recevoir cet honneur après Denys Arcand en 1989 avec Jésus de Montréal.

L’époque où les gens se moquaient de Félix Leclerc avant qu’il ne soit découvert en France en 1951 semble lointaine. Pourtant à lire les commentaires des lecteurs sur des sites comme celui de Radio-Canada, on se met à se poser de sérieuses questions.

«les médias mondiaux qui couvrent le festival en parlent très peu.» «Le jeune avait déjà un ego démesuré, ce ne sera pas ça qui va le ramener sur terre.» «Juste a lire le synopsis de Mommy il y a de quoi mourir d’ennui.» «Tout ce bruit pour un simple prix de consolation.» «le jeune gars est une déception sur toute la ligne.» «Si c’est pour aller faire financer ses navets par la France je n’ai absolument rien contre…» «Génie???? Ayoye» «J’aimerais faire un film subventionne par les contribuables.» «C’est un maudit gauchiste qui ne fait même pas commandité ses films par Bud.»  «je paie pour ces films et que a chaque fois ils font un flop» «ces films sont pratiquement insignifiant pour ainsi dire enfantin.» «Canne c’est de la bouillie pour les chats et les films de Dolan aussi.» (Fautes incluses).

Heureusement, ces commentaires proviennent d’une minorité. Ou bien on glisse sur l’autre versant de notre caractère national maniaco-dépressif. Genre : «Nous sommes les meilleurs.»

Mais les statistiques parlent. Les Québécois en général consomment très peu de leur culture nationale. Pourtant ce sont dans les gestes de tous les jours qu’une culture grandit et se nourrit. Nous devons être fiers de voir un p’tit gars de chez nous se hisser au rang des grands de son art. Toutefois restons intéressés par nos artistes au quotidien et non seulement lors de grands événements médiatiques.

Sur ce, mes plus sincères félicitations Monsieur Dolan. Et vivement qu’on puisse voir votre film sur nos écrans.

Les films québécois en compétition officielle au fil des ans

1963 : Pour la suite du monde (Michel Brault et Pierre Perrault)
1969 : Don’t let the angels fall (George Kaczender)
1972 : La vraie nature de Bernadette (Gilles Carle)
1973 : La mort d’un bûcheron (Gilles Carle)
1977 : Le vieux pays où Rimbaud est mort (Jean Pierre Lefebvre)
1980 : Fantastica (Gilles Carle)
1985 : Joshua Then And Now (Ted Kotcheff)
1992 : Léolo (Jean-Claude Lauzon)
2014 : Mommy (Xavier Dolan)

[Les films québécois présentés au Festival de Cannes. Commentaires sur les sites de Radio-Canada, le Journal de Montréal et le Journal de Québec.]