Xavier à la ferme

tom à la fermeMichel Marc Bouchard a la main heureuse lorsque ces pièces sont adaptées au cinéma. On se souvient des Feluettes réalisé en 1996 par John Greyson.  Tourné en anglais suite au refus des producteurs francophones de voir les rôles féminins tenus par des hommes, ce film a fait époque. Tom à la ferme, tiré de la pièce éponyme de ce prolifique auteur, n’a pas à rougir de la comparaison.

Ce drame psychologique est à mon avis le film le plus achevé du prolifique Xavier Dolan. J’étais resté sur ma faim avec Laurence anyway. L’acteur principal, Melvil Poupaud, avait une interprétation trop statique de son rôle alors que l’intrigue se déroulait sur une décennie. Le déluge de clins d’œil à l’histoire du cinéma finissait par détourner l’attention du spectateur. Dolan a évité ces écueils dans son dernier film.

On connaît l’histoire. Une jeune publiciste descend à la campagne pour assister à l’enterrement de son amant décédé tragiquement. Il se rend compte rapidement que son homosexualité a été soigneusement cachée dans sa belle-famille.  Le piège du mensonge se referme alors sur Tom, interprété par Xavier Dolan.

Le montage serré donne le ton du film. Les acteurs sont investis dans leur rôle. Les prises de vues sont efficaces. La direction photo d’André Turpin et la musique de Gabriel Yared achèvent la cohésion du film. Pierre-Yves Cardinal est convaincant dans son rôle d’homosexuel refoulé au point de verser dans la violence homophobe. Lise Roy campe bien cette mère à l’aveuglement volontaire. L’arrivée en fin de film d’Évelyne Brochu permet de dénouer l’intrigue. Acteur principal, coscénariste, réalisateur, monteur, costumier, coproducteur, Xavier Dolan nous démontre une fois de plus ses talents d’homme-orchestre. Un film intense sans aucun temps mort.

Espérons que, cette fois-ci, certains propriétaires de salles de cinéma laissent le temps aux cinéphiles québécois d’apprécier ce film remarquable.

[Site de Michel Marc Bouchard – Site officiel de Tom à la ferme.]