Trenet : centenaire du Fou chantant

charles-trenet52Enfant, je me souviens de ma mère fredonnant «le soleil a rendez-vous avec la lune» de Charles Trenet. Pour dire que ce dernier m’accompagne depuis longtemps, avec parfois de longs moments sans se voir mais revenant toujours, comme un vieil ami. Né le 18 mai 1913 à Narbonne, il est décédé à l’âge de 87 ans le 19 février 2001 dans un hôpital en banlieue de Paris. Fils d’un notaire, ses parents divorcèrent alors qu’il était âgé de sept ans. Renvoyé du lycée en 1928, il rejoignit sa mère à Berlin puis revint en France à l’âge de 16 ans.

Au début des années 1930, il s’installa à Paris où il rencontra, entre autres, Jean Cocteau et Max Jacob. Lors de son service militaire en 1937, il composa quelques-uns de ses plus grands succès, dont Y’a d’la joie et Je chante mais ce n’est qu’un peu plus tard, lors de son premier enregistrement chez Columbia qu’il devint véritablement l’interprète que l’on connaît. Mobilisé durant la Seconde guerre mondiale, il déclara plus tard que, par la suite, ses œuvres n’ont plus eu la fraîcheur et l’insouciance d’antant. Parti en tournée au Québec et à New York après la guerre, il fut emprisonné pendant vingt-six jours à Ellis Island en 1948, soupçonné (sic) d’homosexualité, considéré alors comme menace à la sécurité américaine. De retour à Paris en 1954, il composa ce qui est sans doute son plus grand succès, La mer. Les années 1960 marquèrent le déclin de la carrière de Trenet, causée par la vogue du Yé-Yé et par une poursuite en justice pour avoir eu des relations sexuelles avec des jeunes gens mineurs (moins de 21 ans). Il passa vingt-huit jours en prison avant de bénéficier d’un non-lieu. Trenet n’a pas vraiment parlé de son homosexualité en public, sans toutefois chercher à la cacher. «Je ne suis pas gay, je suis joyeux», plaisantait-il.

Après ses adieux à l’Olympia en 1975 et la mort de sa mère en 1979, Charles Trenet se retira complètement de la place publique jusqu’à son retour sur scène en 1983 à Montréal grâce à Gilbert Rozon.

Charles Trenet a légué sa fortune à son chauffeur et secrétaire Georges El Assidi. Le procès en annulation de testament intenté par la demi-sœur et le neveu de Trenet a été aussi loufoque que sa chanson L’héritage infernal. Ce n’est qu’en mars dernier que la cour d’appel de Paris a confirmé la validité du testament. Trenet aura écrit plus de mille chansons dont une soixantaine ont eu un succès international. Charles Trenet a touché à la peinture, au roman, au cinéma, mais on se souviendra de lui grâce à ses chansons d’une douce poésie ou d’un absurde bon enfant.

Voir aussi :

Georges El Assidi reste le légataire universel de Charles Trenet (L’Express)

Trenet, un fou chantant qui inspire encore la chanson française (Le Nouvel Obs)

Charles Trenet sur Wikipédia.

Exposition Trenet : le Fou Chantant.

Sur YouTube : Y’a d’la joieJe chanteLa merL’héritage infernal - Le soleil et la lunel’âme du poète.