Snap! Quand le glamour rencontre la photographie

snap-2Marcel Grimard
Correspondant à Toronto

Depuis plus de 15 ans, ACT (Aids Committee of Toronto) organise cette activité de prélèvement de fonds pour supporter ces programmes et services. L’originalité de l’idée restreint le nombre de participants en raison de la nature de Snap! 

L’activité  consiste à offrir des œuvres photographiques en provenance du monde entier qui sont offertes au plus offrant durant un encan silencieux et un encan crié.

L’événement est très glamour, gens riches et célèbres (pour faire cliché) de l’intelligentsia culturelle de la Ville-Reine s’y retrouve. L’atmosphère est telle qu’on s’y attend : poli, ouvert à la discussion des œuvres et fashion glamour. Pour les petits fours, on évite d’en parler pour rester élégant.

L’expérience est du point de vue du néophyte que je suis, un plaisir de classe, la désinvolture face à l’argent, l’importance que l’œuvre  occupe dans le lot de ce soir.  Celle-ci nous fait oublier pour un instant la rudesse du monde extérieur pour une soirée, une enclave civilisée de la bonne société.

L’expérience philanthropique et l’art seront pour un autre article. Du point des œuvres photographiques, le comité de sélection fait preuve d’un souci certain des goûts des collectionneurs.

Personnellement, Tom Riddou, Shyline Restaurant ressort  du lot de l’encan, suffisamment pour que je m’en porte acquéreur. Cette œuvre nous présente un dinner de quartier. Le traitement rend l’image intemporelle.  Le détail de la devanture raconte un/e propriétaire soucieux/se de respecter le code sanitaire.  La lumière nous signale cette propreté rigoureuse.  Un marketing rudimentaire se pose en point départ un narratif du quotidien.

L’œuvre Bleu Shelves de  Doug Adams ressort également du lot de l’encan silencieux.   Elle nous présente le sous-continent indien dans une perspective  qu’on voit rarement, qui sort de la critique sociale du paupérisme et de l’iniquité sociale.

Snap! Est un tremplin artistique dans le marché de l’art de la photo de Toronto. J’invite les artistes québécois à soumettre leur dossier de candidature.  Il a de très riches collectionneurs prêts à investir.

Par contre, je dois faire  une mise en garde sur les pratiques des gestionnaires de l’organisation pour les collectionneurs. Certaines œuvres n’ont pas la numérisation de la copie et de la signature de l’artiste. Il est évident que les œuvres ont été imprimées à Toronto par souci d’économie sur les frais de transport.  Cependant, Vous savez comme moi, sans celles-y, ces photos n’ont aucune valeur sur le marché de l’art.  Dans l’ère du numérique,  les signatures et les numérisations peuvent elles aussi se faire digitalisées.  Je compte bien obtenir ces preuves d’authentification sinon j’ai payé un poster un peu trop cher :-(. Beau cadre par contre…

Note de dernière minute, si vous constatez que l’œuvre n’est pas authentifiée, ACT va reprendre la photographie pour que l’artiste donne son imprimatur.  Une histoire qui finit bien.

[Sites de Snap ! - Aids Committee of Toronto]