Salon de la Fierté littéraire

fierté littéraireHier, la Fierté littéraire présentait son bazar du livre au Studio Backstage, dans le Village. Organisé par le journaliste et écrivain Denis-Martin Chabot, le salon accueillait près d’une vingtaine d’auteurs LGBT ou ami(e)s.

Pour l’occasion le dernier livre de Richard Bradley, Quelques extraits de vies, était lancé. Publié à compte d’auteur, monsieur Bradley a apprécié pouvoir contrôler tout le processus de l’édition. Ce recueil de dix nouvelles est divisé en trois parties, la première Moi je mange, inspirée de la chanson d’Angèle Arsenault, traite de la nourriture. La seconde, Dis, quand reviens-tu ?, chanson de Barbara, parle de l’attente. La dernière, La vie s’en va, raconte le suicide d’un jeune gay dans les années 1970, victime de harcèlement et de rejet. Une des nouvelles est le récit d’un jeune hétéro qui croise ce dernier avant qu’il ne commette l’irréparable. Dans la dernière nouvelle, le jeune gay raconte les événements qui le poussent au suicide. Le titre provisoire du recueil était Ce n’est pas toujours gai, reflétant ces nouvelles parfois joyeuses, parfois dramatiques, certaines mettant en scène des gays, d’autres pas.

L’artiste et écrivain François Mercier venait nous présenter son premier roman, Les rendez-vous secrets (Éditions Nouvelle Optique), et son recueil de nouvelles, C’est la fin du monde ! (Éditions L’arc-en-ciel littéraire). Il vient de terminer son deuxième roman, Un Jos Louis au Parc Viger. à paraître. Un roman construit comme des nouvelles, où le lecteur apprend à ses dépens que la vie se présente rarement telle qu’elle est.  Un chassé-croisé entre cinq personnages, un récit à cinq voix.

Françoise Belu, Parisienne établie à Montréal depuis près de 20 ans, poétesse et artiste, a publié des poèmes dans plusieurs revues, dont Brèves littéraires, Le Passeur, The Apostles Review et, sous peu, dans Mots en liberté. L’auteure nous a livré au micro ouvert deux poèmes. Sa poésie est contestataire, teintée d’humour noir, dont les thématiques gravitent autour de l’actualité, la guerre, l’industrialisation sauvage, l’injustice.

Sophie-Geneviève Lebel est auteure d’albums jeunesse, dont des livres à colorier, sur des thèmes reliés aux stéréotypes de genre. Une fille comme les autres raconte  l’histoire d’une petite fille transgenre. Les albums à colorier Les pingouins ne jugeront pas (bilingue) et Boîte à surprise, présentent des thèmes tels que l’homoparentalité, l’intersexualité et transgendérisme. Éducatrice, ces livres sont déjà employés par plusieurs enseignants du primaire désirant discuter de sujets comme l’homophobie avec leurs élèves.  

Je n’ai pas eu le temps de rencontrer tous les auteurs. En plus de ceux-ci-dessus, ont défilé au micro Guy Bouliane, aussi éditeur des Éditions Dédicaces, principal commanditaire de l’événement,  Pascale Cormier, Diane Descôteaux, Paul-Gabriel Dulac, Richard Gervais, Yvon Jean, dont on a déjà parlé dans ces pages, Carole-Anne Ladouceur, Marc Maillé, Francine Minville, Chantal Morin, éditrice de L’Interdit, Barry Webster et Jean Simon. On doit souligner la présence de l’artiste Yvon Goulet, qui a illustré le dernier livre, érotique, de Denis-Martin Chabot, Le journal intime de Dominique Blondin.

La formule du micro ouvert est intéressante, malgré des performances inégales. Chaque auteur, pendant trois minutes, lit un texte tiré de son roman ou déclame un ou deux de ses poèmes. Tous n’ont pas l’habitude d’affronter un public. Il y a bien sûr des exceptions. Un Yvon Jean cloue littéralement le spectateur sur place. En terminant, dans une société où le moindre politicien ne cesse de nous casser les oreilles avec le mot culture employé à toutes les sauces, il est déplorable de voir une réponse du public plutôt mitigée lors de tels événements. Notre culture ne peut se développer et grandir sans un meilleur appui envers nos créateurs. Nous vous convions donc l’été prochain à la semaine de la Fierté littéraire.