René Derouin à la Grande Bibliothèque

DerouinJusqu’au 23 mars 2014, vous pouvez admirer une sélection d’œuvres de l’artiste québécois René Derouin dans « Fleuve », une rétrospective de ses plus grandes séries d’œuvres picturales.

En 1955, le jeune René Derouin n’a qu’une idée en tête : aller étudier les beaux-arts au Mexique. Le jeune homme de 19 ans cherche ses racines. « Nullement attiré par la France », il découvre l’américanité. Nordique dans le sang — « Lorsque que mes professeurs mexicains me demandaient « D’où venez-vous ? », je répondais : « Du nord. »  — il se laisse toutefois emporter par la liberté et la sensualité de l’art mexicain, en particulier l’art précolombien. Il quitte le Mexique après avoir fréquenté l’Escuela de Pintura Escultura Esmeralda de Mexico.

Derouin se considère comme un « continentaliste ». Il chérie l’Amérique, le continent, sa culture propre, sa richesse, ses métissages culturels pour parler ainsi. Son œuvre se dresse sur un axe nord-sud : «Pendant plusieurs années, mon travail a porté presque exclusivement sur la nordicité, jusqu’à ce que je me rende compte, au bout de 20 ans, que j’avais également été formé par la sensualité du Sud. » est cité l’artiste à la porte de l’exposition.

Aujourd’hui, René Derouin est un incontournable de l’art visuel québécois et même international : son œuvre est reconnue au travers le monde. Il fait partie de collections tant québécoises, canadiennes que japonaises, américaines, françaises, vénézuéliennes ou australiennes. Il a également remporté de nombreux prix dont le prix du Québec Paul-Émile Borduas en 1999, l’ordre mexicain de l’aigle aztèque en 2006 (le seul artiste canadien à l’avoir reçu). Il est aussi chevalier de l’Ordre national du Québec depuis 2008 ainsi que chevalier de l’Ordre du Canada depuis 2011.

L’exposition « Fleuve » est tirée de plusieurs expositions publiques et privées. On y retrouve des pièces de ses plus belles séries en carrière : Nordique (1979-80), Between (1984), Équinoxe (1989-90) et Migrations (1989-92).

Plusieurs vidéos tournent en permanence dans les différentes salles de l’exposition et des tablettes numériques libre accès, contenant des textes et photos, aident à comprendre les différents dessins, gravures, linogravures, huiles, estampes, sculptures et aquarelles exposés et le processus de création de Derouin.

Les matrices de certaines estampes sont également installées sur place. Par exemple, la matrice (gravure sur bois) de « Suite Nordique »  est à voir. Superbe travail de moine !

Très belle rétrospective de son œuvre qui s’élabore depuis plus de 50 ans maintenant. C’est un rendez-vous immanquable pour admirer son travail. Et voyez les sculptures de « Migrations », série pour laquelle il a produit, à raison de 35 figurines par jour, 20 000 petites sculptures. Il a en larguer 16 000 un peu partout le long du fleuve St-Laurent… une des nombreuses choses que vous apprendrez sur René Derouin lors de cette rétrospective.

Gage de son désir de complicité envers le public, René Derouin léguera ses archives personnelles – dessins, esquisses, correspondances, photos et documents audiovisuels – à BAnQ au terme de cette exposition.

« Fleuve » de René Derouin
Bibliothèque et archives nationales du Québec (BanQ)
475, boulevard De Maisonneuve Est
Montréal (Québec)
Niveau M 

[Site de René Derouin]