Qu’est devenue Anne Marleau ?

[Malgré mes recherches, à part l’article qui est reproduit ci-dessous, je n’ai rien trouvé au sujet d’Anne Marleau et de sa carrière qui s’annonçait pourtant si prometteuse. Le mystère reste entier. Si vous avez des informations, n’hésitez pas à m’écrire. L’article suivant a été publié anonymement dans l’édition du 30 novembre 1946 de Radiomonde.]

Rappelez-vous bien ce nom … Anne Marleau

Une jeune Québécoise qui a beaucoup de succès sur les ondes canadiennes et qui, demain, en aura à Hollywood.

Elle fut baptisée sous le nom de Charlotte Marois. Puis, fantaisie de femme, elle préféra Lise Marois. Vous l’avez entendue à la radio française sous ce nom. Mais New-York l’appela, et, fantaisie du théâtre, elle devint Ann Marlowe. Enfin, dans la grande métropole américaine dont elle est devenue la toast, un agent suggéra qu’elle change Marlowe pour Marleau, histoire de faire plus français. Et c’est Anne Marleau que vous entendez cet automne sur l’émission En Vedette, à laquelle elle est attachée exclusivement.

Mais nous vous dirons plus bas ses succès rapides à New-York. Rappelez-vous seulement pour le moment, chers lecteurs, que le nom de Anne Marleau sera brillant au cinéma de demain et dans le monde théâtral des États-Unis. C’est de loin celle des nôtres qui a fait le plus de chemin à date, sur la route de la célébrité.

Vous l’avez entendu chanter au programme En Vedette. Sa voix mélodieuse, grave, absolument prenante, se prête bien à la chanson de genre. Elle a un énorme succès chez les radiophiles du continent. Mais il faut la voir devant un micro : il faut voir son talent naturel d’interprétation. De plus, elle est très jolie. Ce qui ne lui nuira pas dans la carrière qu’elle commence.

Anne Marleau est née à Québec et, avec l’intervioueur (sic) elle aime rappeler les images de son enfance, la vieille terrasse Dufferin, la silhouette du Château Frontenac et du Cap Diamant qui se reflètent dans le fleuve. Une nuance de nostalgie mélancolique flotte sur son visage à l’évocation de sa ville natale.

Elle est née Charlotte Marois en 1921, fille de J.-R. Mackenzie Marois et Blanche McCreadie. Anne a les caractéristiques très nettes des deux races, comme les noms de ses parents l’indiquent. D’apparence, elle est très latine toutefois. Les Marois avaient une famille typique du Québec : cinq garçons et quatre filles.

Anne était encore toute jeune quand sa famille alla vivre en Floride. Et, à regarder en arrière, Anne Marleau nous confie qu’on voyageait beaucoup d’une ville à l’autre chez les Marois. Son père, qui était agent des ventes pour une compagnie d’assurance, fut transféré en Floride et, à ces années là, c’est le brillant soleil du sud et les plages blanches qui inspirent la jeune Anne. Elle commençait à se faire à l’atmosphère délicieuse quand son père fut de nouveau transféré : à Montréal cette fois. Elle revenait dans son pays natal.

En arrivant à Montréal, Anne ne parlait encore que le français mais ses parents décidèrent de lui faire apprendre aussi l’anglais. Elle fréquenta donc une école publique anglaise. Autant qu’Anne se souvienne, elle apprit facilement la langue et les sujets anglais. Elle avait toutefois de la difficulté avec les mathématiques. Celles-ci semblaient sans importance à la jeune fille qui rêvait de devenir artiste.

Les Marois ne demeurèrent toutefois pas longtemps à Montréal. Le père fut de nouveau transféré à Sherbrooke, cette fois. Anne fut envoyée au couvent Maplewood dans la petite ville voisine de Waterloo et la nouvelle élève passa immédiatement une audition pour devenir membre du chœur de l’institution. On la plaça parmi les contraltos, ce ne fut pas long avant que la directrice du chœur découvre que la jeune Marois avait un talent tout particulier. De ce moment, Anne devint soliste.

À ces années là, la famille Marois n’avait aucune idée des dons artistiques que cachait leur enfant et, ce ne fut qu’à la fin de l’année un jour de graduation que son père réalisa sa jolie voix. Il en fut fort réjoui et il lui fit immédiatement donner des cours privés par Mme Margot Charlevoix. Elle continua ses cours de chant aux heures libres que lui donnait ses études et un jour, Papa Marois obtint qu’elle chante au micro du poste CHLT de Sherbrooke sur une émission commandée par la compagnie dont il était l’agent des ventes.

Ce fut son début réel à la radio, et elle rit aujourd’hui en se rappelant l’expression dramatique qu’elle prêta ce soir là à l’interprétation de Morning, une chanson favorite du temps. Naturellement elle chanta aussi Si mes vers avait des ailes et Because. C’était bien vu pour les artistes de chanter tous les mêmes choses cette année là.

Puis Anne gradua. Elle fit des débuts éclatants dans le monde. Sa famille la gâtait. Elle connut une jeunesse heureuse.

Mais Anne continua à trouver des prétextes pour fréquenter à nouveau les studios de CHLT. On lui fit faire des disques : elle aimait copier le genre de Dina Shore et Helen Forrat. D’autres longs mois de cours suivirent. Anna cherchait à perfectionner sa voix, à lui donner une personnalité, si on peut dire. Elle était studieuse ; elle pratiquait les mêmes pièces des heures durant, cherchant la technique qu’elle croyait idéale. Celle qui fait son succès aujourd’hui.

Anne Marleau fut de nouveau invitée à chanter au micro. On lui confia une série d’émissions. Elle chantait des choses populaires et son accompagnateur était un aveugle. Avant chaque programme, le pianiste écoutait un disque de la pièce choisie ; il mémorisait puis il pratiquait avec Anne. À deux, ils essayaient de lui donner une forme nouvelle. Six mois passèrent et Anne décida d’exploiter l’amitié qu’Allan McIver et elle avait créée aux années d’étude. McIver avait gradué à Sherbrooke pour devenir ensuite un des plus grands chefs d’orchestre de Montréal… Un appel téléphonique… Un voyage à Montréal et une présentation au réalisateur Morris C. Davis de Radio-Canada.

Davis, qui donne des centaines d’auditions chaque année pour la Société, dit qu’il se rappelle encore la surprise qu’il ressentit quand Anne commença les premières mesures de You’d Be So Nice to Come To… C’était pour lui une jeune inconnue sans expérience et qui chantait comme une professionnelle… Il se souvient encore d’avoir dit : « C’est tout ce que je veux entendre, venez à la répétition mardi prochain»…

Les longs mois de travail de la jeune Marois apportaient enfin leurs profits. En moins d’une semaine, elle fut mise en vedette sur l’une des plus importantes émissions de Radio-Canada. C’était en 1943. Et, depuis lors, Anne Marleau a gravi tous les degrés de l’échelle du succès. Elle fut tour à tour soliste au Sunday Night Show, qui était transmis aux États-Unis par Mutual, de Music from Montreal, de l’octette d’Howard Higgins. Aujourd’hui, elle est attachée exclusivement à l’émission En Vedette.

Voici pour ses principaux succès à la radio canadienne.

Mais son talent perça les frontières. Sous la gérance de Don Reid «qui l’a réellement découverte et aidée» dit elle-même Anne Marleau, elle accepta d’aller chanter à New-York. Nous l’avons entendue dans quelques-unes des meilleures émissions des réseaux américains : We The People, Jack Smith et Carnation, dont elle était l’artiste invitée. Puis, les cinéastes américains l’entendirent, et ce qui est plus, ils la virent et des offres furent immédiatement faits par les studios Metro-Goldwin-Mayer et Paramount. Mais elle ne se rendra à Hollywood que dans six mois, quand ses nombreux engagements dans l’est le lui permettront. Le 29 novembre prochain, elle chantera sur l’émission Chesterfield Supper Club, avec Perry Como, pour le réseau de la National Brodcasting Company.

Elle a obtenu deux fois l’honneur d’être élogieusement citée dans les colonnes de Walter Winchell. Ce qui signifie beaucoup pour un artiste.

Elle est sous contrat avec la General Amusement Corporation la plus grosse agence du genre au monde.

Anne Marleau est, cet automne, la nouvelle sensation du monde musical de New-York. Elle croit que c’est à cause de sa nationalité canadienne-française et de son nom très français. Mais, ce n’est pas seulement pour ça. On n’arrive pas qu’avec un nom à New-York. Il faut un talent particulier. Et du talent, Anne Marleau en a à revendre.

En dehors de sa carrière, Anne Marleau a ses hubbies comme tout le monde. Elle est une bonne joueuse de tennis et excellente nageuse. Comme toutes les femmes, elle a un faible pour les jolis chiffons et, après des heures de répétitions, vous pouvez la voir flâner devant les vitrines des grands magasins de la rue Sainte-Catherine. Elle a une passion pour la couleur rouge vif.

De plus, elle est très simple et charmante pour une jeune fille à qui le succès sourit si vite.

Données généalogiques [Publié le 25 juin 2018]

Le site Nos origines nous donne le mariage des parents de Charlotte Marois : Robert Marois et Blanche McReady se marient le 9 janvier 1917  à St-Romuald d’Etchemin, Levis.  Je n’ai pas retrouvé l’acte de naissance de Charlotte Marois. Le BMS 2000 et le recensement 1911, nous donnent plus de renseignements sur sa famille. Ses grands-parents paternels George Marois et Clara McKensie et ses grands-parents maternels Henry McReady et Aglé Desroches habitent à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Les deux grands-pères sont marchands épiciers. Les Marois ont une servante de 15 ans au recensement 1911, Luciana Landry.

Par les actes de baptême de leurs enfants que j’ai trouvés, on sait que ses parents vivaient à Lévis en 1917 mais étaient à Montréal en 1928. Leur séjour en Floride se situe donc entre les deux.

Fratrie

Marois, Marie Françoise Jacqueline, fille de Marois, Joseph et Mc Ready, Blanche, née le 6 novembre 1917, baptisée le lendemain à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Parrain Mc Ready Henry, marraine Desroches, Adelaide, grands-parents. Jacqueline se marie avec Léonard Béchard (fils d’Alexandre et Grazielle Lacombe) le 5 octobre 1940 à la paroisse Ste-Thérèse d’Avilla de Sherbrooke. Jacqueline Marois est décédée à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, le 21 novembre 2014 à l’âge de 97 ans.Elle résidait à Warwick.

Marois, Charlotte se marie avec Jean-Louis Gauthier (fils d’Alphée et de Marie-Alice Couture) le 30 août 1941 à la paroisse Ste-Thérèse d’Avilla, Sherbrooke. Le mariage a-t-il été annulé (voir autre article) ?

Marois, Russel se marie avec Marie Florence Desruisseaux (fille de William et d’Alberta Proulx) le 5 juin 1943 à la paroisse St-Jean-Baptiste de Sherbrooke. Il est décédé en 1980 à l’âge de 61 ans.

Marois, Georgette se marie avec Hébert Delorimer (fils de Louis-Raoul et de Joséphine Hébert de Montréal) le 20 janvier 1945 à la paroisse St-Michel de Sherbrooke.

Marois, Robert se marie avec Adrienne Tremblay (fille de Joseph et d’Olivine Bourget) le 14 septembre 1954 à la paroisse Ste-Thérèse d’Avilla, Amos, Abitibi (est-ce une erreur du BMS ? Ste-Thérèse d’Avilla, Sherbrooke ?).

Marois, Yolande est la conjointe de Daniel Fricker (d’après la nécrologie de sa sœur Jacqueline). 

Marois, Louise Viviane se marie avec Maurice Blackhurst (fils de William et Evelyn May Shackson, d’Angleterre) le 4 mai 1957 à la paroisse St. Patrick de Sherbrooke.

Marois, Joseph-Georges-Auguste, fils de Marois, Joseph et Mc Cready, Blanche né le 16 août 1928, baptisé le 19 à St-Ambroise, Montréal. Parrain Marois, Joseph-Alfred, marraine McGaffigan, Minnie (jumeau).

Marois, Joseph-Honoré-Duncan, fils de Marois, Joseph-Robert et de McCready, Blanche, né le 16 août 1928, baptisé le 19 à St-Ambroise, Montréal. Parrain Marois, Joseph-Alfred, marraine McGaffigan, Minnie (jumeau). Il semble bien que ce soit lui qui est inhumé en Floride. Il est décédé le 17 septembre 2004. Il aurait épousé Dolores May (1928-2010).

Grands-parents maternels

McReady, Henry, né au Québec en avril 1861, d’origine écossaise. Marchand épicier, emploi secondaire, courrier. Recensement 1911 (Lévis / 18 St. Romuald / page 3).

Desroches Aglaé, née en juin 1867 (Recensement 1911).

Ils se marient le 23 février 1886  à St-Augustin Desmaures. 

Enfants d’Henry McReady et d’Aglaé Desroches

Mc Cready, Marie Henriette Yvonne, fille de McCready, Henry, et de Desroches Aglaé, née le 19 janvier 1892, baptisée le même jour à Notre-Dame de Québec. Pas de mention du parrain et de la marraine. (Chez ses parents au recensement 1911).

McReady, Joseph Henri, fils de McReady, Henry, marchand, et de Desroches Aglaé, né vers janvier 1894, décédé le 30 juin 1894 à l’âge de six mois. Inhumé le 1er juillet à St-Romuald d’Etchemin, Levis.

McReady, Henri Donat, fils de McReady, Henri, marchand (signe Honoré sur le document), et de Desroches Aglaée, né en février 1895, décédé le 12 avril 1895, sépulture le 13 à St-Romuald d’Etchemin, Levis.

McReady, Marie Blanche, fille de McReady, Henry, marchand, et de Desroches Aglaé, née le 13 juin 1896, baptisée le 14 à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Parrain Kiely, Henry, marraine Desroches, Leda. La mère de Charlotte Marois. Elle décède le 24 mai 1959 à Shebrooke à l’âge de 63 ans. (Chez ses parents au recensement 1911).

McReady, Joseph Stanley, né juillet 1905. (Chez ses parents au recensement 1911).

Grands-parents paternels

Marois, George Auguste Théophile (fils de feu Marois, Louis et de Lefrançois, Marie Anastasia). Né en février 1853. Décédé veuf le 29 juin 1917 à l’âge de 64 ans. Sépulture le 2 juillet à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Recensement 1911 (Lévis / 19 St. Romuald / page 11)

McKenzie, Clara (fille de McKenzie, John et de Slater, Jessie). Née en mai 1853.Décédée à l’âge de 63 ans le 3 août 1916, sépulture le 5 juillet à St-Romuald d’Etchemin, Levis.

Mariés à St-Patrick (Montréal) le 15 janvier 1883. Le site Nos Origines donne beaucoup de détails sur la généalogie de cette famille.

Enfants de George Marois et Clara McKensie

Marois, Jean Louis Joseph George McKenzie, fils de George Auguste Théophile Marois, marchand et de Clara McKenzie, né en mars 1884. Décédé le 18 septembre 1884, inhumé le 20  à St-Romuald d’Etchemin, Levis.

Marois, Marie-Ange. Née le 18 août 1885 à St-Romuald d’Etchemin, Levis. (Chez ses parents au recensement 1911). Elle épousera Honoré Joseph Pinsonneault le 7 janvier 1913 à St-Romuald d’Etchemin, Levis.

Marois, Joseph Alfred McKenzie, fils de George Marois et de Clara McKenzie, né le 6 octobre 1886, baptisé le 7 à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Parrain, McKenzie, John, marraine, Lefrançois, Atanase. Il épousera Elizabeth McGaffigan le 1er juin 1911 à St. John, Nouveau-Brunswick.

Marois, George Gabriel Lord, fils de George Marois, marchand, et de Clara McKenzie, né le 15 juillet 1888, baptisé le 18 à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Parrain, Lord, Antoine Gustave, marraine, Huguenin, Eugénie Alma. Décédé accidentellement à l’âge de 22 ans le 27 juillet 1911. Sépulture le 2 août à St-Romuald d’Etchemin, Levis.

Marois, Léon Lactance Hector, fils de George Marois, marchand, et de Clara McKenzie, né le 20 novembre 1889, baptisé le même jour à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Parrain, Marquette, Lactance, marraine McKenzie, Elizabeth. Décès à l’âge de 14 mois le 27 janvier 1891.

Marois, Joseph Robert. Né le 28 novembre 1892 à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Le père de Charlotte Marois. Il décède le 28 janvier 1967 à Victoriaville âgé de 75 ans. (Chez ses parents au recensement 1911)

Marois, Clarence Albert Clément, fils de George Auguste Marois, marchand, et de Clara McKenzie, né le 9 septembre 1894, baptisé le lendemain à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Parrain, Cloutier, Joseph Clément, marraine McKenzie, Laura. Décédé le 3 juillet 1895 à l’âge de 10 mois, inhumé le 5 à à St-Romuald d’Etchemin, Levis. Son père est marchand épicier.

De nouvelles informations

Nous avons obtenu de nouvelles informations. Voir l’article Des nouvelles d’Anne Marleau.

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