On aime notre culture mais …

louis cyrOn aime notre culture mais pas trop tout de même. Les chiffres de la fréquentation des salles de cinéma de la firme Cinéac viennent de sortir. Pour un film d’ici, les Québécois en visionnent 16 américains. Entre 2002 et 2011 le marché des films québécois oscillait entre 8 % et 14 % des entrées avec un sommet de 18 % en 2005, l’année de C.R.A.Z.Y. En 2012, la part s’est effondrée à 4,8 % et en 2013 n’est que de 5,6 %. Louis Cyr a raflé près de la moitié des 10 millions de dollars de recettes du cinéma québécois dans un marché de près de 200 millions.

En 2012 l’acquisition d’Alliance Films par Entertainment One a semé la consternation chez les cinéastes en créant un quasi-monopole sur la distribution. On se souviendra aussi des déclarations de Vincent Guzzo, propriétaire des salles de cinéma Guzzo et président de l’Association des propriétaires de cinémas du Québec, comme quoi au Québec, on ne fait que des films que personne ne veut voir. Les distributeurs et les propriétaires de salles font-ils leur juste part dans la promotion de notre culture ?

On se retrouve dans la même situation avec, notamment, les livres. En permettant à des grandes surfaces comme, disons, Target de vendre le dernier best-seller à des prix dérisoires, dans le seul but d’attirer la clientèle, on prive le petit libraire de sources de revenus lui permettant de maintenir un fonds de librairie digne de ce nom.

Au-delà des – nécessaires – subventions à la culture, le public aussi doit suivre si l’on veut voir cette dernière s’épanouir. Cela vaut pour toutes les formes d’art.

[Photo : Louis Cyr, le film.]