Miraculum : quel miracle ?

miraculum-1On a besoin de trois ingrédients pour réussir un bon film : une histoire, une histoire et une histoire, se plaisait à répéter Hitchcock. À première vue, le dernier film de Podz me semblait réunir tous les éléments d’un succès. Une belle brochette d’acteurs, un chassé-croisé de destins prometteur. Un beau défi. Malheureusement ce film m’a amèrement déçu.

Un scénario superficiel, des dialogues pauvres, des personnages à peine esquissés. Tout le long du film j’ai attendu un revirement de situation qui aurait sauvé la mise. En vain. Sauf peut-être pour l’infirmière témoin de Jéhovah, aucun personnage n’évolue vraiment. Les situations semblent statiques. On n’aborde les témoins de Jéhovah uniquement sous l’angle de leur refus des transfusions sanguines. De plus, voir deux jeunes fiancés membres de cette religion s’embrasser à qui mieux-mieux me parait assez invraisemblable tout comme ce semblant d’indifférence face à la maladie mortelle d’un de leur coreligionnaire de la part des autres membres.

Dire à une infirmière qu’un patient va mourir si elle ne donne pas de son sang m’apparait tiré par les cheveux. Il ne reste plus une goutte de sang O- dans tous les hôpitaux de Montréal ? Il n’y a pourtant qu’un survivant à l’écrasement d’avion. Pas de quoi épuiser les réserves d’Héma-Québec.

Démontrer la non-existence de Dieu par les accidents d’avions, avec un tel argumentaire Voltaire doit se retourner dans sa tombe. Et il y a un joueur compulsif qui joue compulsivement, une alcoolique qui boit et qui pleure. Des vieux mariés qui s’aiment parce qu’ils ne sont pas mariés ensemble, comme le soulignerait Sacha Guitry. Et un trafiquant de drogue constipé qui compte son argent plus vite que son ombre.

Pour faire un bon film choral, il faut que tous ces éléments disparates soient savamment dosés. Avec Miraculum, dont je cherche encore à comprendre la raison du titre, la mayonnaise n’a pas pris.