de Broin et Sussman au MAC

Michel-de-Broin-FumeeMichel de Broin 

Michel de Broin  dans son exposition au Musée d’art  contemporain nous fait partager son intérêt pour la résistance, l’appropriation et le recyclage. Artiste polyvalent, il utilise la photo, la sculpture, les vidéos et les installations pour nous faire réfléchir. Il détourne les objets usuels et les idées préconçues et étudie les rapports entre eux. Il transforme ses propres œuvres qui passent de la photo à la sculpture ou vice versa. Ainsi, l’immense sculpture Blowback   était  à l’origine une sérigraphie.

Une œuvre comme Solitude nous montre une roulotte suspendue au-dessus des toits. C’est très évocateur! Monochrome bleue est une benne à ordures bleue munie d’une pompe qui la transforme en fontaine. Avec Keep on smoking nous avons une bicyclette munie d’une machine à fumée et d’une  génératrice suivie d’une vidéo nous montrant une cycliste  qui laisse derrière elle une trainée de fumée. Testurdo (tortue) est une installation composée de trente-six tables inspirée par une tactique des soldats romains qui se  plaçaient en carré en tenant leurs boucliers au-dessus de leurs têtes. Et que dire de son magnifique bronze L’abîme de la liberté qui représente la statue de la liberté stylisée et à l’envers reposant sur sa main!  

L’exposition couvre la période de 1993 à 2013 et contient plus de vingt œuvres. Que ce soit  la photographie L’étendue de l’abîme ou une installation comme Étant  donnés le pouvoir d’évocation est toujours très puissant.

Eve Sussman –Rufus Corporation – Brooklyn

Eve Sussman  est intimement liée à Rufus Corporation de Brooklyn. Ses travaux sont inspirés par de nombreux voyages en Russie et en Asie centrale. Le destin de Youri Gagarine l’amène à la reconstitution de son bureau suivie de deux épreuves numériques : Monia Lippi dans le bureau de Youri et Jeff dans le bureau de Youri.

Avec Whiteonwhite : algorithmicnoir elle dénonce l’utopie et l’échec du socialisme aussi bien que celui de la démocratie. Par  une œuvre très sombre, elle décrit la morosité des citadins et la monotonie des paysages. Wintergarden nous fait voir  l’ingéniosité des gens  qui habitent d’immenses blocs  et qui garnissent leurs devantures  pour agrémenter ces quartiers urbains sans personnalité.  Une vidéo nous montre  la façade d’un édifice dans lequel  certaines fenêtres sont animées. Cela nous laisse un goût de voyeurisme car nous pénétrons dans la vie privée des gens.

Le voyage en train nous montre des paysages fragmentés et un long  film noir, très noir  nous décrit la désolation de ces quartiers populaires et la destruction de la nature par des cataclysmes ou par la main de l’homme.

Nous sortons de cette exposition un peu déprimés mais conscients du bien de cette démonstration.

[Au Musée d’Art contemporain de Montréal jusqu’au 8 septembre 2013]