Marie-Laure Choquette, pianiste virtuose

Née en 1913, Marie-Laure Choquette est la fille d’un médecin de Ste-Agathe-des-Monts, ce qui nous permet d’obtenir certains renseignements sur sa jeunesse via les carnets mondains des journaux de l’époque. Ainsi, à l’âge de 11 ans, elle est poinçonneuse dans une tombola tenue à Ste-Agathe-des-Monts [La Presse, 17 novembre 1924]. L’année suivante, elle accompagne au piano son frère L. Joseph qui chante l’Ave Maria lors de la bénédiction de la nouvelle école de St-Adolphe-de-Howard [La Presse, 2 septembre 1925]. La mère de Marie Laure décède à Ste-Agathe le 25 novembre 1925 à l’âge de 47 ans. Le 23 avril 1928, au même endroit, son père se remarie avec Eglantine Zoulika Faulkner, veuve de L. H. Goulet.

Choquette-Laure-2À l’âge de 14 ans, Marie-Laure Choquette part en pensionnat au couvent des sœurs Ste-Anne à St-Jérôme [L’Avenir du Nord, 14 septembre 1927]. Durant les vacances de Noël, elle se brise une jambe en tombant sur le lac (qu’on imagine gelé). Elle est transportée à l’hôpital Notre-Dame [L’Avenir du Nord, 30 décembre 1927].

En 1930, J. J. Goulet, professeur à Montréal et professeur de solfège à St-Jérôme, donne une conférence sur Massenet accompagné en musique par Mlle Rose Descarries, soprano, Mlle Jeanne Thuot, professeur et pianiste émérite, Paul Trépanier de Montréal, Mlles Suzanne Fortier et Marie-Laure Choquette, Joseph Fortier de St-Jérôme et un chœur de femmes, élèves du cours de solfège [L’Avenir du Nord, 21 mars 1930].

En 1932, Marie-Laure, élève du Pensionnat des Saints-Anges à Saint-Jérôme, donne un récital de piano : Concerto italien de Bach, Sonate op. 90 de Beethoven, Variations de Liadow, les études no 3 et 4 de Chopin. Le Rossignol de Litz, Agilita de Moskowski. Virtuose, elle vient de remporter avec très grande distinction – la plus haute – le Brevet d’exécution de l’école de musique des Sœurs de Sainte-Anne [L’Avenir du Nord, 17 juillet 1932].

Choquette-Omer-1Cette année-là, un avis public annonce la vente aux enchères par notaire du 99 et 109, 2ème avenue à Verdun. L’immeuble appartient pour une moitié indivise à Omer Choquette, l’autre moitié à Jean-Robert, Paul-Omer, Marc-Aurèle, Marie-Laure, Jeanne d’Arc, Claire-Yolande et Yves-Henri Choquette, les 5 derniers étant mineurs. Ce sont ses enfants [Le Devoir, 27 juillet 1932]. En recoupant avec le recensement 1911, on retrouve à Ste-Agathe le Docteur Omer Choquette (né en 1872). Son épouse Nelly (1878), leurs enfants J. Robert (1904), Joseph (1905) P. Omer (1908) et P. Émile (1910). Et grâce au BMS 2000, on retrouve l’acte de naissance de Marie-Laure. Marie Laure Agathe Choquette, fille d’Omer et de Nellie Boucher, est née et baptisée le 27 août 1913 à Ste-Agathe-des-Monts. On obtient également le mariage de ses parents. Le 8 juin 1903, Omer Choquette, fils de Louis et Virginie Lebeau, épouse Nellie Boucher, fille de Jean-Baptiste et Marie-Louise Roy à Ste-Croix de Dunham, dans le Missisquoi.

Vedette de CHLP et CKAC

Elle obtient rapidement une émission à CHLP, Marie-Laure Choquette, pianiste, le jeudi à 11h45 [Le Devoir, 1er février 1933]. L’émission joue également à la radio le samedi [Le Devoir, 9 mars 1934].

Les artistes Mus-Kee-Kee, avec le Merle rouge et Laure Choquette participent à l’Exposition commerciale et industrielle à Shawinigan Falls, du 2 au 12 septembre 1936, à St-Jean-sur-Richelieu du 4 au 14 novembre 1936. Émission de variétés, les Mus-Kee-Kee (du nom du commanditaire, une marque de céréales ?) se produisent 4 fois par jour à CKAC de 1933 à 1936 avec Bruce Wendell comme animateur vedette.

Elle a une émission à CKAC le dimanche à 13h, En dînant, chanson française avec Jean-Paul Prud’homme, chansonnier [La Presse, 16 février 1935]. Le Clairon annonce qu’elle participe au Bingo des Scouts le 8 mars 1937.

En 1939, absente des ondes depuis plus de 2 ans, elle demeure une des figures les plus populaires de la radio, recevant chaque semaine des lettres d’admirateurs [Radiomonde, 1er mars 1939]. Camélienne Séguin, populaire diseuse de CKAC, n’oublie pas cette grande artiste qui était son accompagnatrice [Radiomonde, 13 janvier 1940].

Son absence trouve une explication. Le 19 juin 1937 Marie-Laure Choquette épouse le Dr Léonide Gérard Toussaint, fils d’Alfred Toussaint et d’Euphémie Laferrière, à Marie-Reine-du-Monde, St-Jacques de Montréal.

Fort Kent, Maine

Une photo de leur fille Louise est publiée dans Radiomonde le 5 mai 1939. On apprend qu’ils résident à Fort Kent dans le Maine. Fort Kent est une petite ville francophone situé près du Nouveau-Brunswick. Elle a accueilli en 2014 le Congrès mondial acadien. Tout laisse croire qu’après leur mariage, le couple est parti vivre dans le Maine, ce que corrobore Radiomonde en 1942.

Le Clairon de St-Hyacinthe du 20 janvier 1950 annonce que le notaire Jean-Paul Choquette et sa femme se sont rendus aux États-Unis pour assister aux funérailles de la sœur du premier, Marie-Laure. Elle est morte subitement le 11 janvier à l’âge de 36 ans.

Son mari, Léonide Gérard Toussaint, avait été reçu médecin avec grande distinction à l’Université de Montréal en 1936 [Le Devoir, 29 mai 1936]. Il est né le 14 août 1909 à Fort Kent, Maine et serait décédé le 1er octobre 1974 à Montréal. Il avait épousé en secondes noces Georgette Bernier.

Ce n’est pas un cas unique de voir une grande artiste abandonner sa carrière en se mariant. Le décès de cette pianiste virtuose très populaire en son temps est passée inaperçue au Québec, sauf dans cette notice d’un journal de St-Hyacinthe.

[Photos : Ste-Agathe-des-Monts au temps de l’enfance de Marie-Laure Choquette – BanQ – Merci à Sylvain Gaudet pour la photo du Dr Choquette et à Louise Toussaint, fille, et le Dr Gerard Toussaint, petit-fils, pour les photos de Laure Choquette.]

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