Le Tome 1 du Collectif de la RéLovution poétique est lancé !

yvon-jean-7Entrevue avec l’éditeur, le coloré Yvon Jean

Maître d’œuvre de plusieurs événements poétiques dans la métropole, Yvon Jean a lancé, avec sa conjointe et fidèle amie Sonia Bergeron, le Collectif, ainsi que la « manière d’édition », de la RéLovution poétique. Un projet fou qui a permis, le 9 février dernier, de publier 125 poétesses et poètes dans un livre immense. C’est un projet rassembleur « anti-bourgeois », « non-élitiste », qui permettra à tous et à toutes de publier. Aucun jugement sur la qualité, la RéLovution donne la parole au poème underground. Nous avons posé quelques questions à l’éditeur, questions auxquelles il a eu la grande amabilité de bien vouloir répondre.

Comment est née l’idée de créer ce projet ?

« Après avoir lancé mon Œuvre poétique complète, 702 pages, 387 poèmes, 35 ans d’écriture, en décembre passé — alors dans l’autobus 55 St-Laurent, en m’en allant à Radio Centre-Ville — je me suis dit : Si moi je faisais un collectif, comment je ferais ? Ça m’interpellait de voir certains éditeurs en faire, et je savais pertinemment qu’ils faisaient en passant une mini passe d’argent ; ce que je déplorais ! Genre que chaque participant s’engage à acheter 8 ou 20 copies, ce en plus de payer les 35 $ du départ… Alors je me suis posé la question : Si je faisais ça sans  vouloir faire de l’argent, comment ça serait ? J’ai pensé que je lancerais l’idée une fois l’enregistrement radio terminé, ce que j’ai fait — vers une heure du matin, sur Facebook. Un APPEL À POÈMES. En une heure, 11 embarquaient. En 24 heures, 80 [embarquaient] ! Alors, j’ai dû réviser mon tir…

Car, au départ, je ne demandais que 20 $ payable à la remise du recueil.  Mais rapidement il y a eu trop de monde et, comme je ne suis pas riche, il fallait les faire payer d’avance. À ma grande surprise, on a réussi à faire payer tout le monde. [J’offrais] des copies en extra, qu’ils pouvaient vendre à leur prix, à 15 $ l’exemplaire, aussi payable d’avance, bref on a amassé 4 000 $, fait imprimer 300 copies, et on a fait un lancement, que beaucoup qualifient d’historique déjà, au Bistro de Paris. [Il y a eu] 45 [poètes] au micro libre ce soir-là… »

La réponse des poètes a été très forte. Qu’en est-il selon vous ?

« Le lien de confiance, la crédibilité que je dégage, mes manières de faire revanchardes et contestataires ont su plaire…. Mais je fus tout de même très surpris de l’engouement. Il faut croire que ce Collectif remplit un immense vide dans ledit milieu littéraire — [milieu] très guindé et trop embourgeoisé, élitiste et crotté ! »

La RéLovution poétique est une maison d’édition ? Vous comptez publier des poètes bientôt, et sous quelles modalités ?

« Pas une maison d’édition, mais une MANIÈRE d’édition ! On accepte tout le monde, sans changer quoi que ce soit à leur œuvre. [Les poètes] doivent assumer les frais pour l’imprimeur d’avance. J’ai fait, à ce titre, monter plus de 50 soumissions, un peu partout au Québec… j’ai trouvé une perle d’imprimeur, qui a compris ma MANIÈRE et mon approche, et qui ne fait que des beaux livres avec un prix d’usine, sans tout le fla-fla des autres imprimeurs — qui essaient  toujours de te vendre plus. Soit la supposée distribution, entre autres, qui en notre ère ne veut plus absolument rien dire. Certains éditeurs se targuent de vendre dans de grandes librairies huppées, c’est du fake ! Les livres n’y sont même pas, on peut juste les commander. Alors qu’avec ma MANIÈRE : on peut les commander de son salon et les recevoir dans sa boite aux lettres, et ce, dans les 48 heures, partout sur la planète ! »

Ce collectif est-il un indicatif que la vie poétique se renouvelle à Montréal ?

« Il y a une effervescence [en poésie], et je crois être en partie responsable. Il y a aussi l’engouement du slam, mais c’est casse-gueule, car le fait de juger avec des notes fait peur à plusieurs. Moi, j’offre des soirées avec musiciens bien payés, prestations filmées, [à des] endroits près d’un métro, présentation professionnelle, accueil et écoute incroyables. Les gens ont le goût de sortir ce qu’ils ont en eux, les vrais artistes sont souvent que trop cachés, castrés par les éditeurs traditionnels, qui se contre-câlicent de ces petits supposés poètes Facebook ! »

Un deuxième tome est-il prévu ?

« Oui, en gestation, [pour l’] automne, avec 500 poétesses et poètes…du jamais vu sur la planète… Et d’ailleurs je tiens à dire, j’en suis très fier, qu’il y ait plus de femmes que d’hommes dans ce Collectif. »

Avez-vous d’autres commentaires ?

« On est ouvert à vos commentaires si vous payez l’cognac…

F.T.W, et je n’ai pas fini de faire chier le criss d’establishment poétique de mon cul, et la tabarnak de shit littéraire du Québec… !!! Y’ont pas fini avec moé, vous m’tairez pas mes crottés !!! »

Propos recueillis et adaptés par Simon DuPlessis.

[Page Facebook de la RéLovution poétique – Répondez à notre questionnaire sur la poésie actuelle au Québec.]

relovution-poetique