Festival du Nouveau Cinéma : Hommage

Le Festival du Nouveau Cinéma nous offre une série hommage et rétrospective riche et diversifiée.

ÉLÉPHANT CLASSIQ
Le succès de la projection de Léolo de Jean-Claude Lauzon, qui a fait salle comble à Cannes Classics cette année, et l’enthousiasme des organisateurs de Cannes pour Éléphant a fait surgir l’idée d’un Éléphant ClassiQ qui fait ses premiers pas à l’occasion du Festival du nouveau cinéma avec la projection de cinq films restaurés : Parlez-nous d’amour (1976) de Jean-Claude Lord ; Tit-Coq (1953) de Gratien Gélinas et René Delacroix ; The Big Red One : The Reconstruction (2004) de Samuel Fuller; Le jour se lève (1939) de Marcel Carné et Liste noire (1995) premier long métrage de Jean-Marc Vallée.

HARUN FAROCKI
Né dans la partie de la Tchécoslovaquie annexée par l’Allemagne en 1944, Harun Farocki commence à réaliser des essais expérimentaux au milieu des années 1960, souvent en utilisant du found footage. Son engagement social se retrouve dans ses œuvres, qui traitent toujours de la société et de la façon dont les images façonnent la population. L’œuvre de Farocki a été reconnue par de nombreuses galeries et musées, qui lui ont consacré de grandes rétrospectives à travers le monde. Ses projets récents, comme la série des Parallel (2012-2014), ont démontré l’absolue pertinence de sa pensée. Sa disparition est d’autant plus douloureuse qu’il était au summum de sa puissance artistique, enchaînant des projets toujours plus impressionnants. 3 programmes lui rendront hommage.

ROBIN WILLIAMS
L’acteur aura assurément marqué l’imaginaire de tous. De ses débuts à la télévision dans Mork & Mindy, que ce soit par ses performances stand-up; ses comédies populaires auxquelles il prêtait son insolence juvénile et son charisme flamboyant (Jumanji, Mrs. Doubtfire); ses rôles plus complexes et angoissés (ceux que lui ont offert Christopher Nolan dans Insomnia ou Terry Gilliam dans The Fisher King) ou dans ceux de professeurs par lesquels Peter Weir (Dead Poets Society) ou Gus Van Sant (Good Will Hunting) qui ont su faire voir au public son humanisme et sa sensibilité hors du commun. Nous lui rendrons hommage en présentant Jumanji (1995) de Joe Johnston dans le cadre du programme Les p’tits loups.

PETER WINTONICK
Peter Wintonick était l’ambassadeur mondial du documentaire canadien. La carrière de ce producteur, réalisateur, critique, auteur et pitre s’étend sur 35 années, et plus de 100 films et projets transmédia. Il a coréalisé avec Mark Achbar Manufacturing Consent : Noam Chomsky and the Media (1992), qui remporta de nombreux prix et demeure l’un des documentaires canadiens les plus connus au monde. En 2006, il reçoit le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques. Il est le cofondateur de The Virtual Film Festival (1994), une communauté regroupant réalisateurs et public sur internet, ainsi que de docAgora (2006), un groupe de réflexion sur la création de documentaires engagés. Plus récemment, Peter collaborait avec EyeSteelFilm pour développer et produire des films comme China Heavyweight (2012) de Yung Chang. 5 programmes lui seront dédiés.

FRÉDÉRIC BACK
Artiste aux talents multiples (peintre, illustrateur, cinéaste d’animation), Frédéric Back s’est engagé, sa vie durant, à éveiller les consciences avec ses dessins inspirants. L’homme a toujours su demeurer humble face au succès international de ses films, ayant remporté des oscars pour le court métrage Crac! (1982) et L’homme qui plantait des arbres (1988). Au-delà de l’indéniable savoir-faire qui se manifeste dans son cinéma, le travail de Frédérick Back est aujourd’hui célébré à travers le monde grâce à l’universalité de son propos. Deux programmes de courts métrages seront présentés dans le cadre de la programmation Les p’tits loups.

PEDRO COSTA
Dans la lignée des Renoir, Rossellini, Bresson, Straub-Huillet, ce grand admirateur de John Ford a bâti une œuvre d’une poésie neuve, d’une beauté incommensurable. Perturbant les frontières entre documentaire et fiction, et croisant le néoréalisme avec le minimalisme, il a ouvert l’engagement politique au rêve, aux sensations, à l’amour. Le cinéaste portugais, reconnu pour être très exigeant, a remporté de nombreux Prix internationaux depuis ses tout débuts en 1980. Alors que son plus récent film, Cavalo Dinheiro sera en présentation spéciale, le FNC en profite pour programmer 2 de ses films précédents à voir ou à revoir : Ne change rien (2009, France, Portugal) et En avant, jeunesse ! (2006, France, Portugal, Suisse).

LAUREN BACALL
Avec la disparition de Lauren Bacall, l’âge d’or hollywoodien s’éloigne encore un peu plus de nous. Femme aux prises de position affirmées, entre autres face au Maccartisme, Bacall a inventé, à l’écran, rien de moins qu’un type de femme à part entière, sorte d’idéal auquel aucune autre pourtant ne pouvait aspirer ni ressembler. Le Festival présentera To Have and Have Not (Le port de l’angoisse, 1944) alors qu’à dix-neuf ans, Lauren Bacall crève l’écran dès son premier film, réalisé par Howard Hawks à partir d’une nouvelle d’Ernest Hemingway, aux côtés d’Humphrey Bogart. Une étoile est née.

PIERRE PATRY
Homme de théâtre converti au cinéma, Pierre Patry fait ses classes à la fin des années 1950 à l’office national du film (ONF) où il cumule différentes fonctions (réalisateur, assistant-réalisateur, producteur, monteur, etc.). Il réalise neuf films, dont plusieurs documentaires, avant de quitter l’ONF en 1964 pour fonder Cooperatio, une compagnie de production privée qu’il dirigera pendant huit ans, agissant généralement comme producteur entre autres sur les films de Michel Brault (Entre la mer et l’eau douce) et Arthur Lamothe (Poussière sur la ville). Ardent défenseur d’un cinéma indépendant de qualité, Pierre Patry fait partie de ces pionniers qui ont permis à notre septième art de rejoindre un plus large public. Pour lui rendre hommage, nous présentons Trouble-fête (1964). S’inscrivant dans un Québec en pleine mutation, le scénario écrit par Pierre Patry et Jean-Claude Lord reflète fidèlement la pensée de la jeunesse étudiante à un moment charnière dans l’histoire du Québec : la Révolution tranquille.

MOHAMMAD SHIRVANI
Cinéaste né à Téhéran en 1973, Mohammad Shirvani a réalisé son premier court métrage en 1999, Le cercle, qui a été sélectionné en compétition de la Semaine de la Critique, à Cannes. Depuis, il a réalisé plusieurs courts métrages, documentaires et reportages, qui ont été projetés dans des festivals à travers le monde en plus d’être président de l’Association des Courts métrages indépendants iraniens à Téhéran pendant plusieurs années. 5 programmes lui seront consacrés.

JEAN-CLAUDE LAUZON
De son premier court conçu à l’UQAM (Super maire l’homme de 3 milliards, prix Norman McLaren du Festival étudiant canadien) à ses deux inoubliables longs (Un zoo la nuit et ses 13 prix Génie et Léolo) en passant par l’acéré Piwi, Jean-Claude Lauzon aura plus que marqué notre cinématographie. Disparu tragiquement dans un accident d’avion le 10 août 1997, l’enfant terrible, intransigeant et rebelle du cinéma québécois nous manque encore terriblement. Le Festival, en collaboration avec l’UQAM, va vous permettre de voir ou revoir Un zoo la nuit (1987).

Festival du Nouveau Cinéma
Du 8 au 19 octobre 2014