Enquête sur les arts visuels (6)

L’autoroute web

L’arrivée d’internet a changé la face du monde. Les médias sociaux — jouets pour adolescents qu’ils étaient de prime abord — sont devenus des outils formidables pour la promotion des artistes par eux-mêmes et pour favoriser la cohésion des milieux culturels de Montréal et dans le monde.

Si nous pouvons représenter Sandra Chevrier comme étant un exemple patent de la réelle force du web [voir notre entrevue avec elle], il n’en reste pas moins que le flot continu d’internet noie le travail si ardu de la promotion en ligne. Le web reste néanmoins un outil indispensable pour une campagne de publicité complète, bien gérée et efficace.

Il y a beaucoup plus de place pour les arts visuels depuis la révolution ; il y a plus de place pour les arts visuels depuis internet.

Les artistes optent pour l’autopromotion plutôt qu’une galerie d’art, ou conjointement avec celle-ci : « J’ai opté d’opérer hors-circuit et de faire la promotion de mon travail par l’entremise de mon site internet  », nous dit un répondant.

Comme l’a démontré Sandra Chevrier, il est possible de s’ouvrir au monde et de vendre par le biais des médias sociaux, des webmédias et les forums d’art. Voici deux réponses qui abondent en ce sens : « L’omniprésence du web fait qu’un artiste peut par lui-même se faire connaître dans le monde. Quand on pense qu’il y a quelques années, il fallait passer par un agent qui envoyait des photos des œuvres à des contacts », « grâce à la multiplication des tribunes de diffusion, le marché planétaire est accessible comme jamais ».

L’agente France Cantin [voir notre entrevue] recommande fortement aux artistes émergeants d’user du web pour faire de l’autopromotion. L’artiste — et cela revient beaucoup dans les réponses que nous avons reçues — ne doit plus simplement se fier à la galerie pour faire le boulot.

Mais, reste toujours un hic : « L’internet nous a ouvert bien des portes, mais a aussi permis de diluer notre travail dans un océan d’œuvres. »

Sandra Chevrier admet passer plus de 20 heures par semaine à faire du web, uniquement pour sont travail d’artiste : « Un moment donné, on devient dans les premiers sur les recherches Google » dit-elle, soulignant le but de sa démarche.  ■

[Photo : Œuvre de © Fabienne Rhein.]

Fabienne Rhein