David Roddis : Dahlia Bacchanalia! and other Floral Frenzies

roddis-2Marcel Grimard
Correspondant à Toronto

Dans la grisaille de cet hiver qui ne veut pas finir, Dahlia Bacchanalia! and other Floral Frenzies de David Roddis nous rappelle la fin d’un mois chaud et humide de juillet.

D’emblée lorsque nous entrons dans la galerie nous sommes accueillis par un triptyque intitulé Obade.  De l’ensemble du lot exposé, ces 3 œuvres sont d’une pigmentation surréaliste nous donnant l’impression qu’il s’agit de la même fleur prise sous un angle différent. Or il n’est rien, il s’agit bien de la même plante, mais d’âges chronologiques  des pétales.  L’artiste nous camoufle sa vision artistique en inversant la séquence chronologique soit le temps qui passe de la beauté à la mort, celle-ci nous est suggérée dans les différentes photographies digitalisées.

Dans Dahila Cosmology, l’artiste utilise le flou et les pétales pour masquer une forme humaine entouré de ce qui semble une cape au vent venant de l’ouest,  cette forme peut par la ligne ressembler à une momie égyptienne.  L’œuvre est intrigante par sa force symbolique, l’inconscient de l’artiste se dévoile par une imagerie d’une grande beauté et d’une grande pureté. J’ai noté 4 images en superposées, je vous laisse le plaisir d’explorer une image d’une force symbolique cohérente et d’une grande lucidité émotionnelle.  Cette image seule vaut le déplacement.

Nous sommes pris au piège de la beauté de la plante et des couleurs chaudes. Cependant, chaque œuvre s’y masque un tableau un souvenir cristallisé, l’expérience est comparable à un test de Reich.   La construction de l’image digitalisée par Roddis nous révèle un maître dans l’illusion photographique.

Toutefois, Maitre Roddis est comparable à Rodin dans sa capacité de voir la forme dans le médium, et de la créer dans une abstraction fleurale.  Cette force narrative se dévoile à nue, il nous demande de voir l’image où les images qui s’y cachent.  L’artiste lui-même lorsque ces images sont apparues dans son conscient, a dû ressentir un moment d’extase.

Chaque image possède une clé et une serrure lorsque notre inconscient accepte que l’image fleurale n’est qu’une pelure de pétales, les images apparaissent comme un rêve, un état second, à la limite une symboliques de la perte de mémoire.

Ces images cachent une grande sensibilité à fleur de peau, l’artiste nous dévoilant un intérieur parfois heureux, des inquiétudes…une quête. Très puissant!

David Roddis : Dahlia Bacchanalia! and other Floral Frenzies
20 février au 15 mars
Galerie Akashaart
511 rue Church, Toronto

DavidRoddisPR

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