Le Mois de la Photo

Cover_Web_2013Sur le thème Drone : l’image automatisée, le commissaire britannique Paul Wombell explore les enjeux de l’art actuel et les transformations de l’image photographique à travers 25 expositions dans 14 lieux différents. Paul Wombell est un auteur spécialisé en photo-graphie. Il a été directeur de l’Impressions Gallery à York (1986-1994), de la Photographers’ Gallery à Londres (1994-2005) et du Hereford Photography Festival (2006-2007). Depuis 2007, il agit comme commissaire d’exposition pour le festival annuel de photographie PHotoEspaña à Madrid et pour le FotoGrafia Festival Internazionale di Roma. De plus, il contribue régulièrement à des magazines de photographie internationaux et a dirigé huit ouvrages sur la photographie.

«Les drones prolongent la vision humaine. Les drones sont les robots de la vision. Grâce à l’automatisation de ses mécanismes – et, plus récemment, l’intégration de l’ordinateur –, l’appareil photo a développé certaines caractéristiques des drones» explique le commissaire dans un communiqué.

Parmi les artistes invités, l’on retrouve le Québécois Michel Campeau, Splendeur et fétichisme industriels. La collection Bruce Anderson (2013), est une étude photographique des appareils photo faisant partie d’une collection particulière à Montréal. Il s’intègre à un plus vaste projet de l’artiste sur le déclin de la photographie argentique.

En 2010, la française Raphaël Dallaporta s’est rendu en Afghanistan pour aider une équipe d’archéologues français à constituer un inventaire visuel de l’héritage national du pays.  L’œuvre As Yet Untitled (1992-1995) du Canadien Max Dean soulève l’idée que la nature délétère de l’innovation technologique rend les anciennes formes de technologie obsolètes et modifie les relations sociales actuelles.

Le collectif international ExpVisLab (George Legrady, Danny Bazo et Marco Pinter) travaille au développement d’un dispositif optique intelligent. L’installation interactive Swarm Vision (2013) se compose de trois caméras qui font chacune appel à différents algorithmes de vision par ordinateur, ce qui leur permet de chercher des scènes dignes d’intérêt selon des critères visuels spécifiques.

Pour son installation vidéo Corps étranger (1994), la Libanaise Mona Hatoum a fait usage de la technologie endoscopique pour placer une caméra médicale à l’intérieur de son corps. L’Américain Trevor Paglen s’est fait connaître grâce à ses recherches sur les activités clandestines de l’armée américaine. Ses œuvres brouillent délibérément les frontières entre la science, l’art et le journalisme. L’intérêt que l’’Allemand Thomas Ruff a toujours porté à l’astronomie se retrouve dans une grande partie de sa production et ce, depuis ses débuts. Sa série la plus récente, ma.r.s. (2010- ), a été réalisée à partir d’images renvoyées par la sonde MRO (Mars Reconnaissance Orbiter).

Le bal de l’Opéra à Vienne est une soirée annuelle qui remonte à l’époque de l’empire austro-hongrois qui date du milieu du 19e siècle. Célébration du passé impérial de l’Autriche, il passe pour l’événement social majeur de l’année. La Suisse Jules Spinatsch dévoile cette grande occasion dans ses moindres détails. À l’instar des caméras de surveillance équipées de téléobjectifs, deux caméras commandées par ordinateur ont scanné l’événement durant huit heures pour dresser un vaste portrait de la société viennoise dans toute sa splendeur.

D’Allemagne, Michael Wesely a passé une grande partie de sa carrière artistique à développer des procédés photographiques permettant de prolonger le temps d’exposition jusqu’à 26 mois. Cette compression du temps en une seule image crée une série de photographies (1997-2010) d’une inquiétante étrangeté.

[Toutes les expositions sont gratuites. Du 5 septembre au 5 octobre 2013. Site du Mois de la Photo. Photo : Michel Campeau, Argus C-Four, Ann Arbor, Michigan, É.-U., 1951-1957]