Alys Robi et Radiomonde

Fondé en 1939 par Marcel Provost, soit près de 17 ans après l’ouverture de CKAC, l’hebdomadaire Radiomonde est le premier journal du Canada francophone dédié à la radio d’ici en plus de consacrer de nombreuses pages au théâtre, à la musique. Tout en défendant les intérêts des artistes d’ici, Radiomonde se veut populaire, il tire d’ailleurs à 45 000 exemplaires. L’article de Michèle Martin est intéressant à consulter pour son analyse des débats de l’époque.

Afin de tenter de débroussailler le vrai du faux dans la carrière d’Alys Robi, j’ai consulté les 11 premières années de Radiomonde (1939-1949), disponible sur microfilm à la Grande bibliothèque. Veuillez noter que les dates de Radiomonde ne sont pas celles de la parution mais celle de la fin de la semaine concernée. Par exemple l’édition d’un 8 février est publiée le premier février.

La première entrevue d’Alys Robi que j’ai retrouvée a été réalisée par Hervé de St-Georges et est publiée dans Radiomonde du 10 avril 1943, page 11. Cette entrevue, plutôt brouillonne, nous permet quand même de cerner certains éléments de la vie d’Alys Robi malgré un manque de cohérence du récit. On y apprend que St-Georges a rencontré le père d’Alys en 1928, alors qu’il débutait comme reporter. Il le décrit comme un pompier héroïque.

Alys Robi vient de commencer à CKAC et semble jouir d’une grande popularité en à peine 3 mois de radio. Vers la fin de l’année, elle terminera d’ailleurs deuxième, derrière Sita Riddez, au concours Miss Radio 1944, organisé par Radiomonde auprès de ses lecteurs. Elle participe depuis janvier à la Veillée du Samedi Soir. Trois semaines avant l’entrevue, elle commence à animer sa propre émission d’une durée de 15 minutes le dimanche soir, Alys Robi et ses chansons. Elle est accompagnée par le trio d’Allan McIver. L’émission est réalisée par Bernard Goulet. C’est le comédien Teddy Burns qui lui aurait ouvert les portes de CKAC. Nous avons un récit contemporain de ses débuts à la radio. Notons que nous sommes en 1943, oublions les dates farfelues véhiculées un peu partout. Alys Robi a alors 20 ans.

Mais lorsqu’il raconte le parcours d’Alys Robi, notre journaliste semble se perdre dans ses notes. Nous soulignerons quelques points qui nous paraissent plus pertinents, souvent en contradiction avec les récits subséquents.

Alys Robi aurait débuté sa carrière comme figurante au cirque Barnum & Bailey à l’âge de 7 ans. Elle raconte : « le midi (…) je pelais les patates pour le personnel de la troupe (…) et le soir venu, j’avais alors 10 ou 11 ans, je donnais mon numéro de chant (…) » Aurait-elle accompagnée quelques fois son oncle qui travaillait pour un cirque ? Le journaliste ne mentionne pas non plus la carrière de lutteur du père d’Alys, Napoléon Robitaille.

Notre lady raconte ensuite qu’elle adorait chanter dans les hôpitaux et les sanatoriums pour les patients hospitalisés. Elle ajoute : « J’adore aussi chanter pour les militaires. J’ai fait une tournée de presque tous les camps de soldats, de Rimouski à Longueuil et Saint-Jérôme, Valcartier, etc. et j’aime penser que je fais ainsi un petit effort de guerre. »

Monsieur St-Georges continue : « Après quelques auditions et programmes à CHRC (…) elle passa à CKCV où elle fut … annonceur des programmes de théâtre (…) Puis elle commença une série de représentations en province et à l’étranger avec les troupes de Jean Grimaldi, Henri Poitras en 1939, sous la direction de Jacques Auger, etc. Après un stage au ‘National’ avec Raoul Lery sous la direction de Mme Ouellette qui l’initia à la comédie et au drame, elle se rendit en Nouvelle-Angleterre (…) En 1939, elle revenait pour faire encore du  théâtre. Pour la troupe Impériale avec Adrien Lachance, Armand Marien, Lucie  Mitchell (…) »

Parlant de sa tournée américaine : Elle se rend,  à « Bedford, Biddeford, Pawtucket, Berlin (New Hampshire, of  course), Lewiston, Providence, où elle fit de la radio et du théâtre et enfin New York où elle chanta entre autres pour la Société St-Jean-Baptiste, la Société St-Joseph, dirigé par le regretté Antoine Montreuil (…) »

Étrange coïncidence ? Le 15 janvier 1943, un article est consacré à Muriel Millard (1922-2014) de retour depuis le 22 décembre d’une tournée de 6 mois du nord-est des États-Unis. Elle est la vedette de la troupe de Jean Grimaldi et en est à sa sixième tournée américaine. Elle aussi a chanté à Lewiston, Providence, Pawtucket, New York pour la société St-Jean-Baptiste. Elle traduit aussi en français des succès américains. Muriel Millard est de 3 mois l’aînée d’Alys Robi.

Sur sa santé, on apprend que : « Si elle est aujourd’hui d’une santé florissante, il faut savoir qu’elle souffrit, il y a quelques années, d’une dépression nerveuse qui faillit la conduire à la tombe (…) »

On apprend aussi qu’elle est parfaitement bilingue et qu’elle a commencé à apprendre l’espagnol sous les auspices de Masolita del Vayo Gallagher en plus de pratiquer diverses danses contemporaines. Ce qui suit sont les grandes lignes de la carrière d’Alys Robi telles que nous pouvons les lire dans Radiomonde.

En parcourant Radiomonde

Janvier 1943 – Début d’Alys Robi à la radio CKAC à l’émission La Veillée du Samedi soir.

Mars 1943 – Émission hebdomadaire à CKAC de 15 minutes : Alys Robi et ses chansons.

Septembre 1943 – Tournée des bases militaires du Québec. Tambour battant met en vedette Fridolin, Rolland Bédard et Alys Robi. Le spectacle est diffusé sur les ondes de Radio-Canada le jeudi soir.

Octobre 1943 – Lucio Agostini quitte Montréal pour poursuivre sa carrière à Toronto.

Décembre 1943 – Sita Riddez est élue Miss Radio 1944 par les lecteurs de Radiomonde. Alys Robi termine deuxième.

31 décembre 1943 – Alys Robi fait partie du spectacle du Nouvel an au Monument national.

Décembre 1943 – Elle annonce à un journaliste de Radiomonde (qui signe Monsieur Radio) qu’elle quitte Montréal pour Toronto (1 janvier 1944).

Octobre 1944 – Elle est une des vedettes d’un grand spectacle au Forum avec Fridolin et la soprano Claire Gagnier. Cette dernière, âgée de 20 ans, fait déjà carrière à New York.

Décembre 1944 – Son nom n’apparaît pas parmi les nominés du concours Miss Radio 1945. Ce qui nous laisse croire qu’elle n’a pas fait de radio à Montréal sur une base régulière cette année-là.

Janvier 1945 – Alys Robi et Juliette Huot sont les invitées, aux côtés des Fusiliers de la Gaité, du Café-Concert du 3 janvier sur les ondes de CKAC.

Février 1945 – Un encart annonce qu’Alys Robi a obtenu un Beaver Awards à Toronto. Un des récipiendaires serait Paul L’Anglais.

Mars 1945 – Alys Robi est responsable de la création au Canada des chansons françaises des 4 dernières années. C’est dans le cadre d’une nouvelle émission de Radio-Canada, Revoir Paris. Le réalisateur François Bertrand  a ramené de Paris ces chansons inédites ici, le contact avec la France ayant été coupé durant l’Occupation.

Avril 1945 – Alys Robi gagne le Trophée Laflèche dans la catégorie chanteuse genre populaire, Pierrette Alarie, dans celle de chanteuse classique.

Juillet 1945 – La journaliste Jeanne Rochefort rencontre Alys Robi qui annonce son départ pour le Mexique qui sera suivi d’un séjour à Hollywood. On sent le style Alys Robi dans la description de son parcours artistique. Mais aucune mention d’un séjour en France et en Angleterre l’année précédente.

Octobre 1945 – Retour d’Alys Robi à Montréal. « Alys Robi sous option par les studios MGM. Notre gentille compatriote est de retour d’un assez long voyage au Mexique et en Califiornie où elle a obtenu ses succès accoutumés. A Hollywood, elle fit un ‘screen test’ avec Johnny Green et son orchestre pour les directeurs des studios MGM. Ils furent tellement satisfaits qu’Alys dut signer une option pour ses services cinématographiques. Elle est revenue au Canada pour quelques mois mais s’attend d’être rappelée par Hollywood bientôt. » (20 octobre 1945).

5 novembre 1945 – Alys Robi est l’invitée du Café-Concert de CKAC.

22 novembre 1945 – Elle participe au deuxième Grand gala des artistes au forum, présidé par Janine Sutto.

31 décembre 1945 au 7 janvier 1946 – Henry Deyglum lance une grande revue au Monument national. Ça Atomiqu’t’y se déroule en deux actes et 20 tableaux. Alys Robi en est la tête d’affiche.

Décembre 1945 – Radio-Canada lance une émission hebdomadaire destinée au rétablissement à la vie civile des soldats canadiens, À ceux qui reviennent. La tranche musicale est confiée à Alys Robi et Lucio Agostini. À chaque émission, Alys Robi interprétera 4 chansons : canadienne, américaine, sud-américaine et française.

Décembre 1945 – Nicole Germain est élue Miss Radio 1946. Alys Robi termine troisième derrière Claire Gagnier.

Décembre 1945 – Alys Robi fait un séjour à l’hôpital (Radiomonde, 10 août 1946).

Août 1946 – Alys Robi prend six semaines de vacances en Gaspésie.

Une parenthèse

J’ouvre une parenthèse pour signaler un article qui m’intrigue beaucoup. Le 30 novembre 1946, on découvre le parcours d’une certaine Anne Marleau, née Charlotte Marois, « (…) de loin  celle des nôtres qui a fait le plus de chemin à date, sur la route de la célébrité. » Née en 1921 à Québec, elle débute en chantant au micro de CHTL à Sherbrooke. Grâce à son amitié avec le chef d’orchestre Allan McIver, elle obtient une audition avec le réalisateur de Radio-Canada Morris C. Davis et devient soliste pour l’émission Sunday Night  Show. Nous sommes en 1943. Sous la gérance de Don Reid, elle part chanter à New York. Elle est l’invitée de diverses émissions américaine, dont We The People, Jack Smith et Carnation. Elle reçoit des offres de la Metro-Goldwin-Mayer et de Paramount et doit aller à Hollywood six mois plus tard, en 1947. Le 29 novembre, elle doit aller chanter au Chesterfield Supper Club avec Perry  Como. Elle est sous contrat pour la General Amusement Corporation, « la plus grosse agence du genre au monde. » Au moment où l’article est écrit elle est attachée exclusivement à l’émission  En Vedette. Je n’ai rien trouvé d’autres sur cette Anne Marleau. Des recherches s’imposent pour en savoir plus sur cette dame…

Retour à notre sujet

Décembre 1946 – Lucille Dumont est élue Reine de la Radio 1947. Alys Robi ne figure pas dans la liste.

Décembre 1946 – Alys est l’une des artistes invités au Tour d’horizon canadien à CKAC.

Alys Robi en photo-couverture du 15 mars 1947. « Alys Robi, de son vrai nom Alice Robitaille, est née à Québec le 4 février 1923. Elle commença à faire du théâtre à l’âge de 7 ans, chantant, dansant et jouant la comédie avec diverses troupes. A 13 ans, elle arrivait à Montréal et débutait au Théâtre National sous la direction de Madame Rose Ouellette. En 1943, l’émission à ‘Tambour Battant’, destinée à nos militaires, la lançait définitivement comme chanteuse. Depuis lors, Alys Robi, dont la vogue n’a fait qu’augmenter, a fait applaudir un peu partout, à Toronto, aux États-Unis et jusqu’en Amérique du Sud, sa voix prenante, son charme et son entrain communicatif. À l’heure actuelle, elle habite New York où, après avoir paru avec succès dans certains cabarets à la mode, elle remplit à la radio un engagement des plus intéressants. À plusieurs reprises déjà, Alys Robi est allée dans divers hôpitaux pour chanter pour nos vétérans blessés ou malades. C’est en vue de pouvoir une fois de plus leur apporter le réconfort de sa jeunesse, de sa gaité et de ses mélodies enlevantes qu’elle nous gratifie cette semaine d’une autre ‘visite-éclair’. Bravo Alys, c’est un beau geste dont tout le monde vous sait gré. » A noter qu’à l’époque, on a tendance à situer le Mexique en Amérique du Sud. Remarquons également que la figuration dans un cirque à l’âge de 7 ans (voir le 10 avril 1943) s’est transformée en performances pour diverses troupes de théâtre. Ce court article est sujet à caution.

Le 23 août 1947, un bref article nous apprend qu’Alys Robi a écrit à Radiomonde pour relater ses succès à Londres. Selon ses dires, elle venait de faire 2 apparitions à la télévision et qu’allaient suivre celles de Carol Lewis et Accordéon Club. Elle aurait également chanté à l’Orchid Room de l’Hôtel Mayfair. Elle s’apprêtait à partir à Paris et à Cannes avant de revenir à Londres pour d’autres engagements.

Décembre 1947 – Rollande Desormeaux est élue Reine de la Radio 1948, Alys Robi termine quatrième.

Un encart publicitaire du 13 décembre 1947 nous apprend que l’émission Alys Robi chante ses chansons est en ondes à Radio-Canada chaque mercredi à 19 h 45.

L’héritage d’Alys Robi ?

À part cet encart qui est reproduit plus d’une fois, le nom d’Alys Robi disparaît des pages de Radiomonde. Nous avons parcouru l’hebdomadaire des débuts en 1939 jusqu’à la fin de 1949. Son heure de gloire dure donc environ 5 ans. Elle ne semble pas être une inconnue avant 1943 mais, selon toute vraisemblance, elle acquiert son statut de vedette avec la radio. Il faudrait une étude plus poussée des journaux de l’époque pour le confirmer.

Mais c’est faux de prétendre qu’Alys Robi a pavé la voie d’une carrière internationale aux artistes québécois. Elle n’est pas la première à faire des tournées du nord-est américain. La Bolduc avec Henri Rolland et Jean Grimaldi commencent en 1934. Elle n’est pas la première à tenter sa chance à Hollywood. À titre d’exemple, Yvette Brind’Amour va s’y rendre en 1943 (Radiomonde, 17 juillet 1943). Suite au succès de Lise Roy et Jacques Normand lors d’un spectacle radiophonique diffusé à partir d’Hollywood à l’échelle du continent fin 1948 avec, entre autres, Bing Crosby (Radiomonde, 8 janvier 1949), Henri Letondal rappelle que lui-même avec Gratien Gélinas et Gérard Arthur participèrent à une grande émission d’« Emprunt sur la Victoire » à Hollywood en 1941 (15 janvier 1949). Henri Letondal (1901-1955) a vécu à Hollywood et a joué dans une vingtaine de films des rôles de soutien. Il rédigeait aussi des chroniques sur Hollywood dans Radiomonde.

Faut-il rappeler qu’Alys Robi serait allé à Hollywood durant l’été 1945 ? Si on n’en entend plus parler par la suite, ce n’est pas que sa carrière à Hollywood a été brisée, c’est qu’elle n’en a pas eue.

Après la fin de la Seconde guerre mondiale, on assiste à un va-et-vient des artistes des deux côtés de l’Atlantique. À titre d’exemple Janine Sutto se rend en France (10 septembre 1947), Judith Jasmin aussi (27 septembre 1947). Alys Robi a participé à des émissions de la BBC en août et septembre 1947 comme le confirme la note 1 de mon premier article. Mais il y a déjà un Québécois qui fait carrière à Londres, Paul Carpenter. Paul Charpentier (1921-1964) de son vrai nom est né à Drummondville. En octobre 1939, il fait ses débuts comme chanteur à l’émission les Joyeux Troubadours de Radio-Canada. Avec la guerre, il s’engage dans l’armée canadienne, puis américaine. Il devient chanteur et maître de cérémonie pour le « Army Show » avec des vedettes d’Hollywood.  Après la guerre, il chantera avec l’orchestre de Ted Heath au London Palladium. Radiomonde le surnomme le « Frank Sinatra des Îles britanniques» (17 mai 1947). Par la suite, il fera une carrière d’acteur.

En 1945, Paul Dupuis est la vedette du film britannique Johnny Frenchman. Vers la même époque, Suzanne Cloutier est à Hollywood avant de se tourner vers la France. Parmi les Québécois ayant connu une carrière internationale, on pourrait citer aussi Albani, Eva Gauthier, Raoul Jobin, Wilfrid Pelletier qui ont connu la consécration bien avant la Seconde guerre mondiale.

Alys Robi connaissait une belle carrière comme chanteuse et vedette de la radio. Carrière malheureusement brisée par la maladie mentale. Mais, comme j’espère vous en avoir convaincus, sa véritable biographie reste à faire. Expurgée de ses affabulations.

Post scriptum – Le retour d’Alys Robi

[Publié le 10 janvier 2018]

Dans l’édition du 6 septembre 1952, Alys Robi écrit une lettre à Radiomonde annonçant son retour. Le journaliste rappelle qu’Alys Robi avait dû se retirer en 1949 à cause d’une santé médiocre. Elle animera l’émission Jouez double sur le réseau de CKVL à partir du 15 septembre 1952. Soulignons qu’une pleine page du commanditaire de l’émission salue son retour. Nous avons enfin une date précise pour son retour. Nous reproduisons cette lettre telle que transcrite dans Radiomonde.

« Croyez-le ou non, c’est Alys Robi qui vous écrit après une absence tellement prolongée. Je viens tout juste de sortir de l’hôpital, où j’ai subi l’une des interventions chirurgicales les plus difficiles et les plus dangereuses qui existent dans les cadres médicaux. Je vous dispenserai de l’explication des détails de l’opération, mais je vous dirai simplement qu’il s’agissait d’un risque très grand de ma part… Tout a réussi !

Maintenant, je suis en meilleure état de santé que jamais, et mon apparence n’a pas changé. Ma voix s’est stabilisé et je suis prête à recommencer la carrière interrompue.

Vous en serez juge vous-même, si vous êtes assez gentils d’écouter le programme ‘’Jouez double’’, lundi le 15 de ce mois. Ce sera le premier d’une série d’engagements consécutifs à cette émission. J’ai signé aujourd’hui mon contrat avec M. Léo Dupéré de la Cire Succès. Tout le monde sait que ce programme passe sur le Réseau de CKVL.

J’aimerais beaucoup obtenir ensuite une émission bien à moi, dans les langues française, anglaise et espagnole. Je serai à Montréal le 14 septembre. J’ai aussi signé un engagement avec Radio-Canada, et un autre avec la compagnie de disques RCA Victor pour enregistrement de nouveaux disques.

Je serai heureuse, d’ici là, d’avoir des nouvelles de tous mes amis. Entretemps, bonne chance et au revoir ! Une amie. Alys Robi » (Le caractère gras est de nous).

Le 1er novembre de la même année, on apprend que Willie Lamothe poursuit Alys Robi pour 5 000 $ suite à l’imitation qu’elle a faite de lui dans son spectacle au Montmartre. La semaine suivante, nous avons plus de détails. Willie Lamothe prétend qu’Alys Robi le ridiculisait et faisait tort à sa réputation avec cette imitation. Alys Robi réplique en le poursuivant pour 7 500 $  pour propos nuisibles à la réputation. Un avocat réputé est intervenu et les parties ont fait la paix.

Retenons sur ce retour que son séjour à l’hôpital est plus court que ce qu’elle racontera par la suite et que son intervention chirurgicale (la lobotomie) aurait été faite sur une base volontaire. Son retour s’est bien passé puisqu’elle a une émission à CKVL et un spectacle au cabaret Montmartre.